‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 72 sur 417 · III, p · texte numérisé non relu

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S. P.iOO .

qu'il communique aux hommes ^ et qui sont la récompense du sacrifice: «Quand les mères (les doigts ou les prières) ont enfanté le porteur (d'oflfrandes, le feu du sacrifice), l'un des denx sacrificateurs (le feu du sacrifice) opère, l'autre (le propre fils du père) fait réussir (le sacrifice), » ibid. Mais la formule la plus intéressaute est celle par laquelle débute le yers : « Le fils n'a pas abandonné l'héritage à sa sœur » .

Ce Dom d'héritage est donné au vers 11 de l'hymne X, 61, aa lait même de la vache ou de la fille du père. Il se retrouve encore au vers VU 4, 7 : «L'héritage de l'étranger», c'està-dire du feu céleste*, «doit être conquis*». Dans notre Ters m, 31^ 2, il désigne toujours les trésors célestes. Quant à la soeur à qui le fils dispute cet héritage, elle ne diffère éyidemment pas de la fille dji père dont il est question dans le vers précédent. Si elle figure ici comme sœur, et non plus comme mère du fils, c'est que ce fils est sorti directement du sein de son père. Elle n'en reste pas moins, d'après le vers 1, la mère de la prière enseignée par Agni. Elle n'en doit pas moins être assimilée à la mère cachée qui retient les trésors célestes jusqu'à ce qu'ils lui soient arrachés par Agni.

Dans certaines formules, le retour de la lumière et des eaux est présenté comme une manifestation, comme une apparition de la mère elle-même. On dit aussi, pour exprimer l'action exercée par Agni sur la fille du père, qu'il l'engendre, X, 3, 2, c'est-à-dire qu'il la fait apparaître. Cette fille du père, en tant qu'elle apparaît, a pu être assimilée, et parait en effet avoir été assimilée dans notre passage à l'Aurore. Au vers suivant, l'amant qui poursuit sa sœur doit être encore Agni poursuivant, sous la forme du soleil, l'Aurore considérée comme la fille du père, et par suite comme sa propre sœur. C'est là une application particulière du terme de fille du père, qui ne doit pas nous faire méconnaître la possibilité d'une application non moins légitime du même terme à la nuée^ ou plus généralement à l'élément femelle qni, avant de se manifester dans l'univers visible, est d'abord caché dans le monde invisible.

1. Cmi ainsi qii*aii vers I, 163, 5, les traces des sabots du oheyal du sacrifice, c*est-à-dire les différents séjours du mAle dans les différents mondes, (ont également appelée a les dépôts du donneur ». Je ne puis croire que Mtmàar soit dans nos deux passages, comme le veulent MM. R. et Gr., un tdTerbe qoi n*aiirait plus rien de commun avec le mot saniiri « donneur » .

1 Voir plus haut, p. 88.

y Cf. encore Indra prenant l*]iéTitage pour lui-même, VIII, 46, 15.

Ailleurs, Soma trait la fllle^ du père, tandis qu'il est trait lui-même par le père, IX, 89, 2. Le dernier détail équivaut à la formule du vers I, 140, 3, d*après laquelle Agni «accroît» son père, et rappelle celles où il est présenté comme le père de son père. Mais si le poète dit en même temps que Soma trait la fille da père, c'est sans doute pour exprimer une idée analogue à*celle que nous avons vue exprimée plus haut soas cette autre forme : «Le fils n'a pas abandonné l'héritage à sa sœur», n s'agit toujours de la conquête des trésors célestes, considérés ici comme le lait de la fille du père, laquelle se trouve, par ce fait même, assimilée à la mère.

Au vers IX, 97, 47, au contraire, nous lisons que Soma «cache» les formes de la fille* Il faut peut- être voir dans cette formule une nouvelle trace de la confusion du fils et du père. En tout cas, Soma pkratt y prendre exceptionnellement un caractère malveillant qu'assume également Agni lorsqu'il reste volontairement caché, comme dans l'hjmne X, 51 , cité plus haut. Nous reviendrons sur ce point dans la seconde partie.

Mais en tant qu'il est distingué du père, et surtout en tant qu'il lui est opposé, le fils est toujours celui qui tend» et à se manifester lui-même, et à faire apparaître avec lui dans l'espace visible les formes célestes de l'élément femelle, c'est-à-dire la lumière et les eaux. L'inceste du frère avec sa sœur parait être toujours un bienfait pour les hommes.

n en est autrement de l'inceste du père avec sa fille. Des quatre passages où nous avons rencontré des traces de ce mythe, deux, I, 71, 5 et III, 31, 1 et 2, font clairement allusion à la malveillance, et du père, et de la fille, et même dans l'hymne X, 61, qui, selon notre interprétation, rattache la descente de Soma sur la terre à l'inceste du père avec sa fille, c'est, d'après le vers 6, «quand ils se séparent» que tombe cette semence que nous avons identifiée à Soma.

En somme, la fille, en tant qu'unie au père, paraît représenter la femelle céleste qu'il retient *, ou qui reste volontairement auprès de lui, cachée aux regards des hommes dont les intérêts sont au contraire embrassés par le fils, ou se confondent avec ceux du fils. C'est ainsi que la «mère», au lieu de donner «la meilleure part au fils'», II, 38, 5,

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