Voir Grassmaun, sous ces deux mots
5. Rappelons pourtant la substllution d'Indra au vent dans la triade que celui-ci a formée avec le soleil et le feu terrestre, I, p. 24.
6. Voir pourtant les vers II, 26, 3 à Brahmanaspati, le vers X, 39, 5 aux Açvins, et l'hymne X, 151 à la Foi, çraddhâ.
son existence parce qu'il est iavisible, II, 12, 5; VIII, 89, 3, cf. V, 30, 1-2; VI, 27, 3; mais le prêtre. II, 12, 5, et au besoin Indra lui-même, VIII, 89, 4, fait appel à la foi qui reconnaît le dieu dans les manifestations de sa puissance.
En somme, Indra est peut-être, de tous les dieux védiques, celui qui résiste le plus longtemps à un genre d'analyse qui, appliqué à la plupart des autres^ les résout plus ou moins vite en des personniâca tiens des éléments, soit des phénomènes naturels, soit du culte. L'origine naturaliste du personnage dlndrapent, selon nous, être cherchée dans le feu céleste du soleil et de l'éclair. Mais ce personnage, tout en continuant à emprunter à Téclair et au soleil ses principaux attributs, a pris une personnalité distincte dont nous devons maintenant cherctaier à déterminer le caractère essentiel.
SECTION II
CARACTERE PROPRE d'iNDRA
Indra est un dieu toujours propice à ses suppliants, et c'est en outre, comme l'annonce déjà le titre même de cette seconde partie, un dieu guerrier. Comme dieu guerrier, il se distingue d'autres divinités, uniquement bienfaisantes ainsi qae lui, mais d'un caractère purement pacifique, des Açvins, par exemple, que nous étudierons dans la troisième partie. Comme dieu toujours propice, aussi bien que comme dieu guerrier, il s'oppose aux personnages que nous appellerons dieux souverains ; ceux-là régnent sans lutte, et c'^st ce qui nous a paru justifier le nom qui nous servira à les désigner ; mais, de plus, ils sont tour à tour propices et redoutables à leurs suppliants^ quelquefois malfaisants au point de se confondre presque avec les démons, ennemis du dieu guerrier.
C'est seulement dans la quatrième partie de ce livre, consacrée aux dieux souverains, que nous pourrons faire ressortir cette opposition, et compléter ainsi l'étude du caractère d'Indra. C'est aussi alors que nous ferons le compte des passages relativement très peu nombreux, où le dieu prend un caractère qui n'était pas primitivement le sien, et particulièrement
de ceux où ses suppliants paraissent redoater sa colère * . On verra que le nombre en est tout à fait insignifiant, ou plutôt que la rareté de ces exceptions est elle-même très significative et met hors de doute les différences profondes qui existaient entre la conception des dieux souverains, souvent redoutables, même à leurs fidèles, et celle du dieu guerrier» toujours secourable à ceux qui Tinvoquent.
La « crainte d*Indra x>, quand elle se manifeste acciden-. tellement, s'explique, — comme l'attribution abusive au même dieu du titre de « non-né » *, comme plusieurs autres traits également étrangers à son caractère que nous rencontrerons, soit dans cette seconde partie, soit dans la quatrième, consacrée aux dieux souverains, — par une confusion* d'autant plus naturelle qu*Indra est, de tous les dieux védiques, le plus souvent invoqué.
Pour quelques formules destinées à apaiser le courroux d'Indra, les hymnes qui lui sont adressés en contiennent d'innombrables où l'unique sentiment exprimé parle fidèle est la confiance dans sa bonté, et surtout dans sa libéralité. <c Tu es », lui dit-il, VII, 23, 5, a le seul des dieux qui ait pitié des mortels ». Indra « adapte le désir des chantres comme un essieu à deux roues » qui lui font atteindre le but, I, 30, 15, cf. 14. Il donne des deux mains, V, 39, 1, de la gauche comme de la droite. Y, 36, 4. Il donne, non « peu », mais « beaucoup » , IV, 32, 20 et 21 , et nul ne peut l'empêcher de donner, IV, 31, 9; 32, 8.
La libéralité est un trait si essentiel du caractère d'Indra quel'épithète maghavan, équivalente à ddfri « donneur », IV, 31 , 7, est devenue comme un autre nom du dieu ^. Il n« partage guère ce nom * qu'avec les sacrifiants, image d'Indra sur la terre, qui payent généreusement le sacrifice célébré à leur profit par les prêtres. On l'appelle le plus grand des maghavan, Vâl. 5, 1, « le plus maghavan de tous », Vâl. 6, 5. Le mot magha qui désigne souvent ses dons, V, 32, 12 ; VII,
21, 7; 26, 4; VIII, 33, 5, et d'autres formations de la racine mamh employées au même usage, VIII, 15, 10 ; 24,
22, sont rapprochés du nom de maghavan^ par un procédé de
1. A ceax qui seront cités, III, p. 208-204, on ajoutera, après le vers 6 de Thynine 1, 104, le vers 8 du même hymne.