‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-Véda (volume 3)Chapitre 51 sur 81 · Voir chapitre III · texte numérisé non relu

Voir chapitre III

sacrifice est accompli. Ce salaire devient ainsi le principe de tous les biens, eh sorte qu'il a pu être divinisé et compris dans des énumérations de dieux, I, 18, 55, avec le sacrifice luimême, X, 103, 8. Nous réservons pour les chapitres III et IV les passages où la dakshinâ joue un rôle analogue à celui des éléments femelles du sacrifice en général^ III, 62, 3, et est conçue dans les mêmes rapports que ces éléments, soit avec Agni, 111,58, 1 ; Y, 1, 3; VIII, 39, 5, soit avec Soma, IX, 71, 1 . Ce que nous savons déjà du double emploi du mot dakshinâ pour désigner les dons des dieux, et le salaire du sacrifice qui assure ces dons au sacrifiant, nous suffira pour comprendre les deux hymnes suivants sur l’importance des présents à faire aux prêtres.

X, 107, 1 : « Leur grande bienfaisance s’est manifestée ; tous les êtres vivants ont été délivrés des ténèbres, la grande lumière donnée par les pères est arrivée ; le large chemin de la dakshinâ 1 est apparu.

2. « Ceux qui donnent la dakshinâ ont un séjour élevé dans le ciel ; ceux qui donnent des chevaux vont dans le soleil ; ceux qui donnent de l’or ont en partage l’immortalité ; ceux qui donnent des vêtements, ô Soma, prolongent leur vie2.

3. « L’abondance divine, c’est la dakshinâ 3 4 5, le culte des dieux. Cette abondance n’est pas pour les avares qui ne donnent pas. Aussi sont-ils nombreux les hommes qui, par crainte du péché, offrent et donnent la dakshinâ.

4. « Les êtres qui contemplent les hommes surveillent Vàyu qui répand cent torrents , l’hymne céleste et l’offrande l. Ceux qui dans l’assemblée offrent et donnent, ceuxlà traient une dakshinâ équivalente à sept mères s.

5. « Celui qui donne la dakshinâ est invoqué le premier. Celui qui donne la dakshinâ marche en avant comme chef du village. Celui-là me parait vraiment le roi des hommes, qui le premier s’est plu à donner la dakshinâ.

1. Le chemin de la dakshinâ peut être ici, comme le chemin du r ita (voir quatrième partie, ch. III) au vers I, 136, 2, soit le chemin que suivent les dons célestes, et particulièrement le don de la lumière, rapporte ici aux pères (voir le paragraphe précédent), soit celui que suit la salaire du sacrifice, ou plutôt le sacrifice lui-méme, pour procurer ces don9 aux hommes.

Page 1