Nom d’un ancien rishi
3. Cf. I, 189, 8 : Puissions-nous conquérir mille biens avec les rishis ! Cf. encore I, 27, 9.
4. L’épithète vipra-vîra aux vers 4 et 5 du môme hymne me paraît avoir le même sens. Appliquée à Soma, IX, 4, 45, ou à Agni, X, 188, 2, je la traduirai « qui donne des prêtres » ou <r qui a pour fils les prêtres. »
Si le prêtre est un présent du ciel pour le sacrifiant, le sacrifiant en est un pour le prêtre, qui le désire, IX, 112, 1, et qui le demande aux dieux, II, 27, 17 ; V, 6, 2 ; IX, 8, 7 ; car les services qu’il lui rend ne sont pas gratuits. Les panégyriques connus sous le nom de dânastuti , qui se rencontrent souvent à la fin des hymnes, et qui remplissent parfois un hymne entier (par exemple I, 126), nous ont gardé le souvenir des libéralités, souvent sans doute exagérées dans les termes, qui étaient le prix du sacrifice. Les chantres du /?ig-Veda ne se bornent pas d’ailleurs à célébrer ces libéralités : ils les provoquent. Tel paraît être l’objet principal de l’hymne X, 117, sur le devoir de l’aumône, et de l’hymne VI, 53, où le dieu Pùshan est prié de fendre le cœur des avares et de les disposer à la générosité.
Nous ne pouvons relever tous les passages qui se rattachent à cet ordre d’idées. Contentons-nous donc d’ajouter aux citations précédentes une courte étude sur le mot dakshinâ, qui a déjà dans le Æig-Veda son sens technique, si familier plus tard aux auteurs des Brâhmanas et des Sùtras, de « salaire du sacrifice. »
Il ne l’a pas seulement dans un certain nombre d’emplois où MM. Roth et Grassmann admettent cette interprétation, dans des dânastuti, VI, 27, 8 ; VIII, 24, 29 ; X, 62, 9 et 11 ; cf. 1, dans le composé dakshinâvat, désignant le sacrifiant, VIII, 86, 2 ; X, 18, 10 ; 69, 8, enfin dans les hymnes I, 125 et X, 107, sur lesquels nous allons revenir. Il l’a aussi, selon moi, dans les passages assez nombreux où il désigne le don, II, 1 1 , 21 ; 18, 8 ; VI, 37, 4 ; VII, 27. 4 ; VIII, 24, 21 , ou les dons, III, 36, 5, faits par Indra à ceux qui lui offrent des sacrifices. Selon MM. Roth et Grassmann, notre mot estalors un nom de la vache, symbole des libéralités des dieux. Mais ce qui me fait croire que l’emploi du mot dakshinâ pour désigner ces libéralités implique une comparaison de la récompense accordée par les dieux au sacrifiant et du salaire que celui-ci donne au prêtre, c’est que la comparaison est effectivement exprimée au vers I, 169, 4, où il s’agit encore des dons d’Indra, et au vers I, 168, 7, où il est question de ceux des Maruts. Je ne conteste pas qu’en réalité, et si l’on remonte à l’origine de la dakshinâ , c’est le don du dieu qui a dù servir de prototype à celui du sacrifiant. J’admets aussi que le substantif à sous-entendre avec le mot dakshinâ, qui, étymologiquement, est un adjectif féminin, doit être un mot
signifiant « vache ». Mais il me paraît peu probable que dakshinà ait été pris jamais comme un nom commun de la vache, en tant que féconde, proprement «bonne, utile ». Je ne connais pas en effet d’exemple védique de l’emploi du mot dakshina « droit» dans ce dernier sens. Sans doute le rite qui consiste à placer du côté droit dans le sacrifice la vache destinée au prêtre pour son salaire (Haug, traduction de l’Aitareya — Brâhmana, p. 420, note 18,) réclame lui-même une explication, et c’est, à ce qu’il semble, dans l’emploi de dakshinà pour désigner les dons des dieux, qu’il faut chercher l’étymologie de ce mot. Mais nous voyons précisément dans le vers III, 39, 6, où Indra reçoit comme aux vers VI, 29, 3 ; cf. IX, 98, 10, l’épithète dakshinàvat que MM. RothetGrassmann traduisent, je ne sais pourquoi, « bon, utile », mais qui le représente évidemment comme faisant aux hommes ce don que, dans un bon nombre de passages, nous avons vu appelé sa dakshinà (cf. III, 53, 6, où il fait ce don en dételant ses chevaux), nous voyons, dis-je, dans ce passage où le don d'Indra est d’ailleurs la liqueur précieuse cachée dans les eaux du ciel, qu’il le tient « dans sa main droite ». Je crois donc que la dakshinà des dieux est le don, primitivement la vache, qu’ils offrent de la main droite, et que la dakshinà des hommes est le salaire que, dans le sacrifice, on place du côté droit.
Si au vers VI, 64, 1, notre mot est appliqué à l’aurore, c’est que l’aurore est alors considérée elle-même comme le salaire du sacrifice. Il ne faudrait pas conclure de ce passage qu’il désigne l’aurore en tant que vache1, et encore moins y chercher unai'gumentpour défendre la correction proposée par M.Grassmann au dernier pâda du vers I, 123, 5, dont le véritable sens est « Puissions-nous le vaincre (l’ennemi) avec la dakshinà comme char, » c’est-à-dire « Que le salaire du sacrifice, pareil à un char de bataille, nous rende victorieux de l’ennemi !» Nous retrouverons d’ailleurs plus loin le « joug» de la dakshinà, I, 164, 9, et à côté du « char » du sacrifice, le « char » de la dakshinà (voir ci-après le vers 11 de l’hymne X, 107), sur lequel montent tous les dieux, I, 123, 1, c’està-dire qui les amène au sacrifice.
Comme on le voit dès maintenant, l’idée de l’efficacité du sacrifice est transportée au salaire moyennant lequel ce