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2. Essais de Mythologie comparée, p. 117 de la traduction de M. Perrot.
mann lui-même dans son lexique, est « de jour en jour, journellement ». En faire pour ce seul passage un datif (répété) de div, c’est un de ces procédés d'interprétation qu’il suffit de signaler pour les faire juger. D’ailleurs, et cette seconde observation pai’aît applicable à la traduction de M. Ludwig, tout obscure qu’elle est, autant qu'à celle de M. Grassmann, il n’est pas permis d’attribuer au verbe adhidhâ , conjugué au moyen, le sens de « donner » ou d’ « établir ». Adhi dhâ , au moyen, signifie, d’après le lexique de M. Grassmann lui-même, « s’approprier » ou « se revêtir de ». Le mot nâman désignant de son coté, comme le reconnaît le même auteur, la « forme » sous laquelle un être ou un objet se montre, aussi bien que son nom, et ce mot étant ici au pluriel, il est absolument certain que notre passage signifie « prenant des formes de jour en jour », c’est-à-dire « apparaissant chaque jour ». Ceux qui conserveraient des doutes peuvent se reporter aux formules pareilles à celles des vers I, 6, 4; 72, 3; YI, 1, 4, etc., dont le sens est surabondamment déterminé par des rapprochements tels que celui de âd in nâmâni yajniyâni dadhire et de vidre priyasya mârutasya dhâmnah. *, aux vers 5 et 6 de l’hymne I, 87. La racine dhâ, au moyen, y prend, avec le régime nâma, nâmâni, le sens qui est précisé encore dans notre passage par le préfixe adhi. Les formules de ce genre sont innombrables dans les hymnes, et il est étonnant qu’elles ne soient pas mieux comprises. Au besoin celle que nous retrouverons plus bas au vers 12 aurait suffi pour expliquer la nôtre2.
M. Grassmann et M. Ludwig font de dyotanâ (oxyton) un nominatif féminin se rapportant à l’aurore. Mais lemot dyotana ne se rencontrant ailleurs que comme proparoxyton, il semble plus naturel de faire de notre forme un locatif de dyotani «éclat, apparition du jour», qui est oxyton. M. Roth avait déjà du reste indiqué cette interprétation comme possible.
Pour sishâsantî, désidératif de san, il n’y a aucune raison, au moins dans ce passage, de changer avec M. Grassmann le sens ordinaire « désirer conquérir » en celui de « désirer donner », non plus que pour le verbe moyen bhajate, de substituer, comme le fait le même interprète, le sens actif au sens moyen. Je suis ici d’accord avec M. Ludwig. Inutile d’insister.