‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-Véda (volume 4)Chapitre 64 sur 83 · Plus haut, p · texte numérisé non relu

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ment appliqué par M. Roth à la traduction de nishkrita (voir en particulier III, 02, 13 ; IX, 86, 3 2; X, 34, 3), la traduction vague et peu intelligible « zu dem (bestimmten) bereiteten ». M. Grassmann lui-même, quoiqu’il adopte dans son dictionnaire le terme « Stelldichein », traduit, je ne sais pas pourquoi, « am rechten Ort ». Il est clair que le rendezvous dont il s’agit est celui d’Agni, du feu du sacrifice, désigné au vers suivant.

J'ai gardé pour la fin le premier pâda. que M. Ludwig traduit « connaissant le signe du premier jour », et M. Grassmann « connaissant le signe de la première clarté du jour». Si M. Grassmann entend par la première clarté du jour le commencement d’un jour quelconque, je crois qu’il fait un contre-sens, je dirais volontiers un non-sens : l’aurore connaissant le signe du commencement du jour'??? Quant à la traduction de M. Ludwig, elle n’est pas intelligible par ellemême, et le commentaire reste muet sur ce passage. Le terrain manque donc à la discussion. Il me reste à expliquer ma propre traduction. D’abord on ne me constestera pas que le mot nâman puisse désigner l’essence, la nature d’une chose. Maintenant, qu'est-ce que le « premier» jour? Il faut se rappeler que le nom de jour est donné à la nuit comme au jour, et que c’est une grave question pour les Rishis de savoir quel a été le premier du jour ou de la nuit, ou, dans leur langage, « des deux jours », I, 183, l1. Je crois que cette question est précisément celle dont l’aurore connaît la solution. Elle connaît la nature du premier jour, c’est-à-dire qu’elle sait s’il était « blanc» ou «noir». J’ajoute que le poète aussi me paraît avoir eu sa solution à lui, et que nous pouvons la retrouver. Il dit. en effet, que l’aurore est née du noir, c’est-à-dire du jour noir, aujourd’hui d’abord, mais sans doute aussi au premier jour du monde. La nature du premier jour était donc d’être noir, et l’aurore qui connaît ainsi la nature du jour dont elle a été engendrée ressemble à ce fils d’une énigme que j’ai eu déjà l’occasion de citer 2, qui « connaît la naissance de ses parents », X, 32, 3. On objectera peut-être à mon interprétation que le « premier » de deux est en sanscrit pûrva, cf. I, 183, 1, et non prathama. Mais, si au

1 . La « première # et la « seconde » sont les deux sœurs dont il est question encore au vers 5, c’est-à-dire l’aurore et la nuit, et non le ciel et la terre qui sont célébrés seulement à partir du vers 2. comme le refrain l’indique surabondamment.

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