Probablement les courroies de Tattelage
S. Dans le même hymne VI, 47, aux Ters 29-31, le tambour qui fait retentir le ciel et la terre, qui c tonne », et, en compagnie dlndra et des dieux, las ennemis, rappelle également la foudre, et c*est probablement en
d'un antre hymne à Indra, VI, 46, c'est la corde de l'arc qnl est représentée comme une vache (cf. Atharva-Veda, 1, 2, 3), sur laquelle les bras retiennent des oiseaux qui s'élancent de là sur la chair, c'est-à-dire les flèches, cf. X, 27, 22. Le tout fournit une comparaison pour la course rapide des chevaux. Ici encore l'incohérence des images trouve son explication dans une allusion à la nuée d'où partent les éclairs. Enfin au vers VI, 75, 11, la flèche elle-même est ainsi décrite : c( Elle se revêt de l'oiseau ; sa dent est une antilope ; unie aux vaches, elle vole quand elle est lancée. » Or cette flèche est au vers 15 du même hymne évidemment assimilée à réclair sous le nom de parjanyaretas <k produite par la semence de Parjanya (le nuage) », accompagné de l'épithète <c divine ». L'oiseau représente les plumes de U flèche, et l'antilope est peut-être là pour une corne d'antilope dont aurait été faite la pointe (cf. vers 15) : mais l'oiseau et même l'antilope^ pouvaient en même temps rappeler l'éclair. En tout cas les <c vaches » auxquelles la flèche s'unit ne désignent les cordes d'arc que par allusion aux nuées* d'où part la flèche de l'éclair. Au vers 1 du même hymme VI, 75,1e guerrier couvert d'une cuirasse est lui-même comparé au nuage.
Les allusions aux combats célestes n'ont pas toujours ce tour bizarre. Elles sont alors moins frappantes, mais ne doi-
ce sens qu'il est appelé indrasya mushiih. « le poing d'Indra », pour a ce qu'Indra tient dans son poiDg fermé ».
1* Cf. les montures des Maruts.
2. Un peu plus loin, au vers 13 du même hymne VI, 75, le sànu des che« ▼aux, frappé par le fouet, rappelle le sânu, c'est-à-dire le sommet ruisselant de la montagne céleste {passim\ celui qu'Indra frappe pour en faire jaillir les eaux, I, 80, 5 (voir plus bas, § II). Quand le sànu des chevaux est frappé, ce sont les chevaux eux-mêmes qui s'élancent comme des rivières, cf. VI, 46, 13 et 14. On ne peut, je crois, expliquer que par cette allusion bizarre, mais bien conforme à l'esprit de la mythologie védique, l'emploi da mot $ànu pour désigner la croupe des chevaux. Ce mot, qui n'a gardé dans la langue classique que le sens de u sommet n ou u plateau de montagne », n'en a pas d'autre non plus, quoi qu'en pense M. Grassmann (s. v.), dans le Uig-Veda, et il y désigne ordinairement, comme son congénère snu (ibid.^ s, v.), soit directement, soit par voie d'allusion, les montagnes célestes d'oà coule la pluie. Les snu des eaux sont, non pas « la surface » des eaux, mais la montagne d'où elles coulent. Le sânu du démon n'est pas son « dos », mais la montagne où il retient les eaux prisonnières. Le sânu d'Agni est le sommet où il brille. Enfin, le sânu c de brebis », c'est-à-dire le tamis par où coule le Soma terrestre, rappelle évidemment la montagne d'où a été apporté le Soma céleste, IV, 27, 4, cf. IX, 16, 7. — Si dans notre vers VI, 75, 13^ le terme propre jaghana figure parallèlement au terme figuré sânu^ c'est parce qu'il fournit au poète l'occasion d'un jeu nouveau, qui n'est plus d*ailleur8 qu*un simple jeu de mots, faghanân upa jighnatê^
yent pas dire pour cela négligées. La foudre étant Tarme par excellence d'Indra, on ne peut s'étonner qu'elle âgure dans la description des combats réels auxquels il est supposé prendre part, comme dans celle de ses combats mythiques, ni d'entendre les hommes demander à Indra sa foudre, pour s'en servir contre leurs ennemis, 1, 8, 3. U n'en est pas moins intéressant de voir la foudre d'Indra éclater pour conquérir des vaches à ses suppliants, II, 30, 5. Si ces vaches sont des vaches réelles, leur conquête rappelle en tout cas celle des vaches de la nuée. Au vers I, 132, 4, la comparaison des combats réels avec les combats mythiques est formellement exprimée. Les suppliants d'Indra lui demandent de vaincre pour eux, comme il a vaincu autrefois pour les Angiras quand il a a ouvert)) une « étable » où, comme nous le verrons plus loin, étaient renfermées, soit les eaux du ciel, soit les aurores. On dit encore qulndra amène à ses suppliants des chevaux et des vaches, comme il amène les nuages en tonnant, YI, 44, 12.
Les vaches qui mugissent à la naissance d'Indra, Vni, 59, 4, •ont certainement des vaches mythiques, comme celles qu'il conquiert sur Ahi, V, 29, 3, cf. IV, 19, 2, sur Vala, I, 11, 5; n, 14, 3, et généralement sur les différents démons que nous passerons en revue plus loin. Les vaches qui donnent le lait céleste sont elles-mêmes assimilées au lait, quand elles sont représentées, par une de ces figures monstrueuses auxquelles se complaisent les /{ishis védiques, sortant, par l'opération dlndra, de la « mamelle » du « mâle » androgyne *, IV, 22, 6. Ailleurs, elles semblent confondues avec les fruits do l'arbre qu'Indra secoue pour en faire tomber les trésors du ciel^ III, 45, 4 : on demande en effet au Dieu de « faire tomber les vaches d'une secousse », I, 10, 8. Le « taureau » Indra prend la foudre pour « alliée » quand, avec la lumière, il « trait » les vaches hors des ténèbres, I, 33, 10, cf, III, 31, 21, c'est-à-dire les en fait sortir, comme d'une enveloppe où elles étaient retenues, V, 31, 3. Elles ne difi^èrent pas des jeunes filles cachées dont le dieu découvre également la retraite, II, 15, 7, et qui représentent, soit les eaux, soit les aurores.
On voit, dans l'énumératîon des dons ou des conquêtes dlndra, les vaches figurer avec le soleil, I, 7, 3; III, 34, 9; V, 33, 4; VI, 17, 3; 32, 2; X, 111, 3; 138, 2, et l'aurore,
t. Voir plu haut, p. 09.
1, 62, 5 ; VI, 17, 5, ou avec les eaux, I, 32, 12 ; 103, 5 ; 174, 4; II, 21, 1 ; VI, 39,5; 47, 14; VII, 21, 3; X, 89, 7, ou à la fois avec les eaux, le soleil, II, 19, 3,et Taurore, n, 12, 7 ; et le terme de « vaches » peut sembler, dans de pareilles formules, faire double emploi avec le nom des aurores ou avec celui des eaux. Les aurores et les eaux sont nommées encore dans un grand nombre d'autres formules qui vont nous fournir un témoignage direct des exploits solaires et des exploits météorologiques d'Indra. Nous nous occuperons d'abord des derniers.