Ou V orge, y ava
i. Cf. la vache d'Indra et Varuna, IV, 42, 10, d'Agni, X, 69, 8, de Vâyu, I, i, 8, et la dakshinà d*Indra (Yçir plus haut, p . 169), qui donne son lait aux hommes, II, 18, 8.
taphore les dons quelconques d'Indra, cf. VI, 24^ 4, et c'est
ce sens qui parait impliqué par une formule comme celle du
vers ni, 30, 19 : « Notre désir s'ouvre comme une étable ;
. remplis-le de richesses, ô toi qui es le maître des richesses. »
Mais le sens symbolique ou âguré ne doit pas plus que le sens propre nous faire oublier le sens mythique. On ne peut songer à prendre au propre les passages où Indra est représenté (( renversant la montagne où étaient renfermées les vaches», VI, 17, 5, ou «fendant la montagne* pour en faire sortir les vaches », VHI, 45, 30, «faisant trouver la vache en dissolvant la montagne », X, 112, 8, « faisant sortir les vaches de la pierre », VI, 43, 3, cf. V, 30, 4. La « montagne » d*où sortent les vaches, et à laquelle Indra lui-même est comparé en qualité de dieu libéral et particulièrement de donneur de vaches, VIII, 77, 2, ne peut non plus passer pour un symbole , et le rapport de l'idée de montagne avec Tidée de vaches ne s'explique que par deux conceptions mythologiques, celle qui assimile les aurores et les eaux célestes à des vaches, et celle qui assimile le ciel et le nuage à une montagne.
Dans les formules mêmes où le séjour des vaches est appelé une étable, goira, vraja, ûrva, à supposer qu'il s'agisse d'étables réelles, ce qu'il serait le plus souvent aussi arbitraire d'affirmer que de nier, le « bris », III, 30, 21 ; 32, 16 ; VI, 17, 1 ; VIU, 32, 5, cf. VIII, 34, 14, ou même simplement l'« ouverture » de Tétable, I, 10, 7 ; IV, 20, 8 ; 31, 13 ; VIII, 55, 3, cf. n, 17, 1 ; VI, 45, 24; VIU, 45, 28 ; 55, 3; X, 38, 2, l'ouverture des portes, X, 120, 8, cf. 1, 53, 2, est un détail sur lequel les Ttishis n'insisteraient pas tant*, s'il ne rappelait l'étable céleste, appelée aussi une montagne, qu'Indra, le dieu qui pénètre par la violence dans les étables, X, 103, 7, le fondeur d'étables, goirabhid, VI, 17, 2 ; X,
1. Au vers l, 61, 12, cVst la vache eUe-méme qu'Indra doit meurtrir pour en faire sortir les eaux. AiUeurs, la montagne mythique renferme des chevaux en même temps que des vaches, X, 108, 7.
2. Il n*est pas inutile de remarquer que dans la plupart de ces passages ridé« d* « ouvrir » est exprimée par les préfixes vi ou ajia joints à la racine vn qui a donné le nom du démon KrtYra, celui qui retient les vaches célestes. Voir plus bas, section IV. Cf. en général les formules oii Indra est représenté « brisant », V, 39, 3; VI, 22, 6; 45, 9; VIII, 45, 13, « ouvrant », VII, 27, 2, tout ce qui semblait solide, rendant le chantre lui-même c fendeur » I, 102, 9 (cf. plus bas les Vasish^has « fendeurs », tTittavah)^ et les diven emplois de la racine vri, I, 5, 4; 102, 4 ; IV, 17, 9; VIII, 45, 21 et 29, et vassim, surtout dans les formules oii il est question des vaches, VII^ 82, 16.
103y 6, cf. 7, bris6 avec sa foudre, cf. ibid. C'est aussi apparemment au rôle qu'elle joue dans les combats célestes que cette foudre doit Tépithète de gavyu « avide de vaches » , VI, 41,2.
Insistons à ce propos sur une observation que nous aurons A renouveler bien des fois. Les combats célébrés dans les hymnes à Indra, que le théâtre en soit le ciel ou la terre, sont généralement décrits dans des formules dont l'origine au moins est mythique. L'application de ces formules à des combats terrestres est certaine dans tel passage, vraisemblable ou seulement possible dans beaucoup d'autres. Mais quelle qu'en soit l'application, elles gardent la même valeur pour l'analyse mythologique comme décrivant toujours, sinon directement, au moins indirectement, des combats célestes. Nous pourrions donc presque négliger la distinction, ordinairement très délicate, souvent même impossible, des combats réels et des combats mythiques, si le fait même de l'application des formules mythiques à des combats réels n'était très intéressant en soi. C'est une nouvelle forme de cette assimilation des choses terrestres aux choses célestes que nous avons constatée à chaque pas de notre étude sur les éléments du sacrifice. Les armes en particulier, et plus généralement les engins de guerre, sont, comme les éléments du culte, assimilés aux éléments des phénomènes célestes, et semblent considérés comme remplissant dans les combats réels le rôle que les éléments remplissent dans les combats mythiques. J*ai déjà cité dans un autre travail^ quelques textes curieux où cette conception se révèle. Le char de bataille est représenté aux vers 26 et 27 de Thymne VI, 47 à Indra comme a uni aux vaches », comme « enveloppé de vaches », cf. VUI, 48, 5, et cette expression bizarre ne s'explique que par l'assimilation du char à la foudre d'Indra, nettement formulée d'ailleurs aux vers 27 et 28. La foudre d*Indra, c'est-à-dire l'éclair, est en effet enveloppée des vaches, c'est-à-dire des eaux de la nuée, représentées sans doute par des courroies*, par des lanières de peau de vache, dans l'éclair terrestre qui est le char de bataille*. Au vers 14
1* Mémoirei de la Société de linguistique de Paris, IV, p. 134-1S6. Tirage à part, p. 39-41.