‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 129 sur 335 · III, p. 179 et suiv · texte numérisé non relu

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ratif de ces verbes dans leurs formules d*iavocation. Nous nous bornerons à signaler une conséquence assez curieuse de cette conception toute matérielle du culte. Les dieux ne pouvant, tout dieux qu'ils sont, consommer qu'une offrande à la fois, un des principaux soucis des sacrificateurs est la concurrence dont ils se sentent menacés par d'autres sacrifices qui seraient offerts en même temps que le leur. De là les formules si souvent employées dans les hymnes à Indra* pour inviter le dieu à négliger, non seulement le sacrifice de l'ennemi, IV, 29, 1; VIII, 33, 14 cf. 15; 54, 9; 55, 12, cf. 34, 10, du méchant, VIII, 32, 21, mais tout sacrifice autre que le leur, I, 7, 10; X, 89, 16. En effet, et bien que les faveurs d'Indra se ramifient comme les prières des hommes» VI, 44, 6*, les yjishis craignent que le dieu, invoqué en tant de lieux divers, II, 18, 7 ; III, 40, 9; VIII, 1, 3, cf. 4 ; 4, 1, ne se laisse retenir par d'autres sacrificateurs, II, 18, 3; III, 35,5 ; 41, 8; 45, 1 ; VII, 22, 6 ; VUI, 2, 26 ; X, 160, 1.

Heureusement, Indra entend de loin l'invocation, VI, 38, 2, et ne se laisse pas tromper par les désirs, par les prières, qui, selon une expression que nous retrouverons plus loin, sont ses « cochers », I, 55, 7, c'est-à-dire cherchent à le diriger vers d'autres sacrifices. Citons intégralement quelques formules. X, 112, 7: « On t'appelle et l'on te présente des offrandes en beaucoup de lieux : que nos libations soient pour toi les plus savoureuses ! Puissentelles être celles que tu goûtes! » VII, 28, 1 : « Tous les mortels t'appellent, chacun de leur côté : n'écoute que nous ! » VII, 32, 1^ : « Que nul prêtre ne te retienne loin de nous; si tu es loin, accours à notre festin, et si tues près, écoute-nous! » VIII, Ç4, 1 : « Que tu sois, ô Indra, appelé par les hommes à l'Est, à l'Ouest, au Nord, ou au Sud, viens vite vers nous sur tes chevaux rapides ! »Un Rïshi se demande, avec envie sans doute, quel est le prêtre chez lequel Indra séjourne et dont il goûte l'offrande* VUI, 53, 7-9, cf. IV, 25, 1 -3 ; VI, 21, 4 ; VIII, 3, 13-14 ^ Un autre affirme qu'il préfère son sacrifice, IV, 20, 3. Un bon moyen de mériter cette préférence est naturellement de

1. Elles ne sont pas rares non plus dans les hymnes aux Âcvina. Voir eu particulier les vers IV, 44, 5 ; VII, 69, 6; VIII, 8, 8.

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