Littéralement u avec une langue
ridée. Le flot de la «rivière» où Soma fait entendre un «hymne», IX, 14, 1, cf. 73, 2, donnerait lieu à une observation analogue. Citons encore le vers IX, 100, 3, où Soma est invité à « répandre » la prière comme le tonnerre répand la pluie. Ailleurs enfin les formules concernant les rapports de Soma avec les prières sont expressément appliquées au Soma céleste.
C'est au moyen de la prière que des sacrificateurs divins mettent en mouvement Soma, quand il se clarifie « dans le ciel», IX, 26, 3 et 4. Il était «orné » de toutes les prières quand il a été apporté du ciel, IX, 86, 24. Le vers II de rhymne IX, 85, à Soma oppose nettement les chants adressés à Toiseau qui vole dans le ciel et les prières qui « lèchent » celui qui est arrêté sur la terre. On peut comparer à ce passage le vers IX, 71, 1, où Soma, en même temps qu'il prend pour chevelure le nuage, prend aussi pour vêtement la prière « dans les deux cuves », c'est-à-dire dans les deux mondes.
Ailleurs, ce sont trois voix qu'il excite, IX, 97, 34, ou qui s'élèvent d'elles-mêmes pendant qu'il passe sur le tamis, IX, 50, 2. Ces trois paroles sont des vaches qui mugissent, IX, 33, 4, ce sont des mères de la loi qui purifient le fils du ciel. ibid. 5. Or, bien qu'il soit facile de rendre compte du nombre trois par des combinaisons de trois stances, comme celles qui abondent dans le recueil du Sâma-Veda, ou par tout autre détail des rites, je ne crois pas qu'il faille trop vite écarter l'idée , naturellement suggérée par tant d'emplois analogues, d'une application possible de ce nombre aux formes de la prière dans les difi'érents mondes.
J'en dirai autant du nombre sept, sauf à renvoyer l'explication de ce nombre au chapitre suivant. On verra là que les sept prières qui purifient^ IX, 15, 8, qui mettent en mouvement, IX, 8, 4, cf. 66, 8. qui « font », IX, 9, 4, Soma, sont les prières des /lishis, IX, 62, 17 ; 103, 3, ou des sacrificateurs auxquels appartiennent « les sept sœurs », IX, 10, 7, cf. 66, 8, et qui sont, eux aussi, au nombre de sept. Quant à ce nombre lui-même, il a, comme le nombre trois, une valeur mythique que ses applications dans les rites du sacrifice terrestre ne doivent pas faire méconnaître, mais dont on peut dire au contraire qu'elles la présupposent \