Voir plus hautt p
M, les éûûetois niâîtfôd de Prîçni> priçni-gàvah* , sUs ne âoiït pas déâ démons véritables^ sont du moins assimilés à des démons'; abattus par leurs pieux adversaires, ils tombent Stir Pfiçni, p^içm-nipreshilâsah, ibid., comme le démon Ahi- Vf iffa, quand il a été frappé par Indra, tombe avec la vache Dânu, sa mère, I, 32, 9.
Dans tin passage où Priçni figure ezpresséûient comme mère des Martïts, il est dit qu'elle ne donne son lait qu^une fois, VI, 66, 1, 6t. 48, 22, tandis qu'une autre femelle portant comme éUe le nom de vache, donne son lait sans cesse chez lesf mortels, VI, 66, 1. Cette opposition des deux vaches est donnée comme une grande merveille, dans des termes pareils â cetut qui servent d'ordinaire aux ^ishis pour introduire une éûigmé mythique. Le mot de celle-ci nous est fourni par les foriûQules précédemment étudiées ^ qui opposent Toffrande ou la priôte, cette mère ou cette nourrice toujours présente, à la inérô céleste qui se dérobe souvent. C'est ainsi encore qu'au fers X, 105, 10, Priçni est opposée à la cuiller qui présente Toffrande â Indra*.
Quand les Maruts naissent, on dit que Priçni les a donnés k leur père, VI, 66, 3 : mais le mystère dont cette naissance est enveloppée, VII, 56, 2 et 4, cf. V, 53, 1, n'en rappelle paf moins la naissance tardive d'Agni^ que sa mère portait en secret et qu''elle « ne donnait pas à son père », V, 2, 1. Le nom même de Priçni désigne, au vers II, 2, 4, la mère dont Â^i sorË quand il apparaît dans le ciel> et il est permis de croire que les Maruts, comparés à des feux lorsqu'ils naissent de Priçni, VI, 66, 2, cf. 1 et 3, se sont quelquefois frayé
f. Leii THêxaéi enn«mi8 avaietif « stérilisé Adi(i » {ibict, 8], et 8*eiai«nt «Mparés de la pnruêhni {ibid. et 9), qi» figure Aussi dans \ia hjmtie éHx Maruts, V, 52, 9. Le nom de Priçnigu, donné à un favori des Açvins, I« 113, 7, rappelle le mythe de la vache stérile donnée par les mômes dieux à Cayu. (Voir p. 474.)
2« Voir plus haut, p. 366,
l* Voir plus haut, p. 71 et suivantes.
4« Ici, d^ailieurs, Priçni nourrit aussi Indr»; eile répwifd égstenseirt pour toi UB breuvage, upatecani. Ce dernier mot, pour le^ei M. Roth a imaginé Is sens de « cuiller », accepté par M. Grassman», est appliquévdaoe son 8s«l autre smploii à une femelle aoc<]!mpagnée d'une troupe qui poun^it bien être oalU des Maruts, X, 91, i ; la fesaslle serait eocore Priçni. Au vers SS de Thymne VIII, 20, aux Maruts, les vaches « parentes » (au phiricri) qui • Ibcbent n ou « tettent réoiproquemeni leurs sommets » , o'est^-dire les mondes divers quelles habitent, en d'autres termes, qui emprantent chacune leur nourriture à un monde autre que le leur (cf. p. 69-71)^ tfôrrespondent peut-être, comme mèreS' ott' nourrices des MaMits^ iMk a^e^ ou nourrices d*Âgni dans les différents mondes. L'une d'elles pourrait être Priçni.
violemment un passage, comme Agni, hors du sein qui les retenait trop longtemps S C'est du moins Tidée que suggèrent les formules d*après lesquelles les Maruts seraient « nés d'eux-mêmes»,!, 168, 2; V, 87, 2, cf. 58, 7, et surtout ce passage du vers I, 37, 9 : « Leur race est puissante; ils ont la force de sortir de leur mère. »
Ce n*est pas toujours par la faute de sa mère que le feu caché tarde à paraître. Parfois c'est lui-même qui se dérobe et prend ainsi un caractère équivoque. On ne peut donc s'étonner que les Maruts, représentant, sous des formes multiples, le feu, et d'abord, comme on vient de le voir, le feu caché, ne passent pas toujours pour des divinités exclusivement bienveillantes. Sans doute, on dit encore qu'ils ne refusent pas de naître, VI, 66, 4, qu'ils naissent « libéralement », V, 58, 5. Mais ils ne sont pas nés une fois pour toutes : s'ils reprennent, avec la qualité de fœtus, I, 6, 4, celles de leurs formes qui sont dignes du sacrifice, ibid.; s'ils sortent de l'obscurité sous la forme de nouveau-nés, X, 73, 2, s'ils croissent, VI, 66, 2, et s'élèvent dans le ciel visible I, 85, 2 et 7, au sortir du monde invisible désigné au vers VII, 58, 1 par le nom de nirriti^, ils avaient dû précédemment rentrer dans ce séjour, comme les jRibhus, par exemple, qui vont dormir dans la demeure de Savitri '. A la vérité, les disparitions périodiques des Aibhus ne sont jamais interprétées d'une manière qui compromette leur caractère exclusivement bienveillant. Mais il en a été autrement de celles des Maruts.
Les Maruts ont des formes diverses, V, 43, 10; 52, 10 et 11 ; VII, 57, 6, cf. 56, 10 et 14; ils prennent telle ou telle forme, VI, 48, 21 ; 66, 5, cf. VII, 57, 1, et si ceUes sous lesquelles ils naissent, c'est-à-dire sous lesquelles ils se ma-
1. L'expression « troupe marutienne des nouvelles t, V, 53, 10 ; 58, 1, semble indiquer que les Maruts ont été aussi considérés comme les fils de c mères nouvelles », cf. 1, 141, 5, analogues à ces « chenues » qui redeTÎennent c jeunes » à la naissance d'Agni, V, 2, 4. En tout cas, il est trop commode de prendre, ainsi que le fait M. Qrassmann, le féminin navu(uMm pour un masculin. M. Ludwig, sans tenir compte de Tidentité évidente de la formule dans les deux passages, se' tire d^afiaire pour le premier par une construction différente, et se résigne pour le second à admettre la confuiîoD des genres.
i. Le sein de ntrntt est, au vers 1,117, 5, le séjour du dormeur. (Cf. lapean du dormeur, p. 78.) Au vers V, 61, i, le séjour éloigné d*où TÎennen es Maruts peut être encore le monde invisible.
â. Voir III, p. 5S. Cf. encore I, p. 97-98.
nifestent dans Tespace visible, sont appelées a dignes du sacrifice», yajniya^ I, 6, 4, cf. 87, 5; VI, 48, 21, c'est peutêtre par opposition à leurs formes cachées, cf. I, 88, 5; VII, 58, 5 ; 59, 7, sous lesquelles ilg sont, dans une certaine mesure» assimilables à des démons. En tout cas, ces dernières sont désignées au vers Vil, 56, 14 par Tépithète budhnyâqai leur est commune avec AhiBudhnya « le serpent du fond », c'est-à-dire avec un personnage divin qui ne diffère pas originairement du démon Ahi-Vritra^. Le rapprochement mérite d'autant plus d'être pris en considération que les Maruts reçoivent en outre Tépithète ahibhdnavâh « ayant l'éclat d'Ahi », I, 172, 1, et celle, plus significative encore, de ahimanyavah « ayant la colère d'Ahi », I, 64, 8 et 9.
C'est cette colère semi-démoniaque des Maruts qu'on cherche à détourner par plusieurs formules des hymnes qui leur sont adressés. Les Maruts sont des dieux irritables, VII, 56, 8, et terribles, VII, 58, 2, cf. II, 34, 1 ; V, 56, 2 et 3, qu'il faut apaiser, I, 171, 1; VII, 58, 5. Leur trait meurtrier, I, 172, 2; Vn, 57, 4, cf. V, 55, 9, frappe les hommes et les troupeaux, VII, 56, 17. S'ils sont malgré cela les dieux des remèdes, H, 33, 13; V, 53, 14; VIII, 20, 23-26, c'est sans doute comme Rudra leur père, qui, tour à tour irrité et propice, guérit lui-même les maux qu'il a faits ^. Le mal peut venir d'eux, I, 39, 8, comme le "bien, et s'ils ont des formes « amies », VII, 56, 10, ces formes sont opposées à d'autres dont le caractère est la « malveillance », ibid., 9.
En cela les Maruts se distinguent essentiellement de leur allié ordinaire, Indra. C'est naturellement sous leurs formes propices et visibles qu'ils concourent à ses exploits divins. Ils manifestent alors tout leur éclat, I, 165, 5, cf. II, 34, 13; ils sortent de l'obscurité, selon la formule déjà citée, sous la forme de nouveau-nés, X, 73, 1 et 2, cf. I, 6, 4; ils prennent une force « meurtrière des Vritras », VI, 48, 21. Mais sous leurs formes malveillantes, ils devaient devenir les ennemis du dieu exclusivement bienveillant. Sous leurs formes cachées, ils devaient se confondre, au moins passagèrement, avec les démons sur lesquels Indra conquiert les trésors
1. La même épithète est appliquée aux formes que prennent les sacrificateurs mythiques en général, quand ils découvrent le feu. VI, 1, k] mais aux vers I, 72, 3-4, ces formes qu'ils prennent sont, en outre, appelées des formes de Kudras, rudiiyd^ ce qui assimile ces sacrificateurs aux Maruts.