‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 25 sur 335 · Désigné par le mot drapsa « goutte · texte numérisé non relu

Désigné par le mot drapsa « goutte

5. Nabhah krshnam est le régime de avatasthivàmscan^ comme am.çumaHm est celui de ava atishikat.

quand il est « trait », que sort l'essence immortelle * du Soma désignée par le nom d'amrito, IX, 74, 4.

Le tamis par lequel Soma coule du ciel dans la vague de la rivière, IX, 39, 4, ne peut être qu'un tamis céleste, et la rivière où il coule ne peut rouler que les eaux du nuage, ces «vaches», en compagnie desquelles il entre dans les plantes quand il descend sur la terre sous forme d'éclair *, IX, 84, 3. Nous retrouverons plus loin le vers IX, 97, 13, où il est représenté mugissant après les vaches et faisant retentir le ciel et la terre. Il est vraisemblable que ces vaches sont les eaux du ciel, aussi bien que celles qu'il découvre en venant de la montagne suprême, IX, 87, 8. Dans le dernier passage, il est comparé à l'éclair tonnant à travers les nuages, et c'est là une de ces comparaisons qui, selon une observation que nous avons faite plus d'une fois déjà, équivaut à une assimilation véritable. La plante qui « mugit » en compagnie de la vague et qui fait gonfler pour Manus (ou pour l'homme) (( la peau où se rafraîchissent les dieux », IX, 74, 6, paraît être aussi le Soma dans les eaux du nuage. Enfin les eaux, «d'où» Soma coule, comme il coule des plantes, IX, 59, 2, ne sauraient être simplement les eaux auxquelles on le mêle dans le sacrifice terrestre : ce sont nécessairement les eaux d'où il tire son origine, c'est-à-dire les eaux du ciel.

Au vers IX, 86, 27, les torrents inépuisables qui « retentissent » en l'honneur de Soma sont expressément placés, avec les doigts qui le purifient et les vaches, représentant encore les eaux, dont il est enveloppé, « sur le troisième plateau, dans l'espace brillant du ciel ». Un poète donne pour séjour à Soma les eaux, la mer, le flot de la rivière et le ft ciel » dans un vers, IX, 85, 10, dont la construction ne permet pas de douter que tous ces séjours se confondent : les eaux en question sont donc bien les eaux du nuage. Ailleurs les eaux qui coulent vers Soma, et qui Texcitent, reçoivent le nom des nymphes célestes qui sont restées si célèbres dans la mythologie brahmanique, les Apsaras : on les appelle les Apsaras « maritimes », IX, 78, 3, par allusion à la mer atmosphérique. Nous verrons plus loin qu'il a été appelé lui-même le Gandharva des eaux, IX, 86«

l. VoirI, p. 198.

t. Voir I, p. 170, 17«.

36, et on sait quel étroit rapport existe dans la mythologie brahmanique entre les Gandharvas et les Apsaras.

En somme, les eaux qui ont été le séjour primitif de Soma sont, comme on le voit au vers VII, 49, 4, les mêmes où séjournent Agni Vaiçvânara et le dieu Varuna, c'est-à-dire les eaux du ciel, et les eaux que les sacrificateurs mortels mélangent au Soma pour Toffrir aux dieux sont destinées à rappeler celles où il est « caché », X, 148, 2, dans la nuée. Au vers IX, 88, 5, Soma^ brillant au milieu des rivières, est expressément comparé au feu. Il est sur la terre le représentant le plus exact du feu des nuages, puisqu'il peut briller, et qu'il brille effectivement dans le sacrifice, au milieu des eaux terrestres.

On dit de Soma, comme d'Agni, qu'il « croît » au milieu des eaux, et cette expression qui, dans certains passages déjà cités, s'applique aux eaux du ciel, IX, 85, 10; 89, 2, cf. IX, 72, 7, doit, dans tous les cas, renfermer au moins une allusion au nuage. La même allusion peut être renfermée dans répithète c< qui croit sur la montagne », IX, 46, 1, bien que celle-ci suggère en même temps l'idée des montagnes terrestres, où croît la plante du Soma, images des montagnes célestes où il brille sous la forme de l'éclair.

Les eaux où « croit » Soma ont naturellement dû passer pour ses mères. Cette idée est présentée au vers IX^ 93, 2, sous forme de comparaison. Enfin Soma reçoit directement répithète sindhumàtvi « qui a pour mères les rivières », IX, 61, 7, et il est appelé le « fœtus dos eaux », IX, 97, 41. Ceci nous ramène au personnage d'Apâm Napât « le fils des eaux », qui a pu représenter Soma aussi bien qu'Agni, et qui est en effet, dans l'hymne X, 30, identifié au breuvage sacré.

Cet hymne est, d'après TAnukramanî, adressé à Apàm NapâtS qui est en effet nommé aux vers 3, 4 et 14. Or, les eaux « mères » (vers 10) y sont invitées à porter à Indra le Soma (cf. vers 13), ou, selon l'expression du vers 8, cf. 7, la liqueur qui est leur « fœtus », le breuvage « né du nuage » et qui a « une triple chaîne » (vers 9), c'est-à-dire qui est préparé dans le triple sacrifice des trois mondes. Donner à Soma le nom de « fœtus des eaux » (cf. IX, 97, 41) dans un hymne à Apâm Napât, c'est évidemment l'identifier à ce personnage. Peu importe dès lors que dans le même hymne (vers 3) le

1. u Ou aux eaui. » On pourrait dire plus exactement: a et » aux eaux.

Soma soit offert à Apàm Napàt lui-même. Le Soma terrestre peut être offert à un personnage représentant le Soma céleste, c< l'oiseau brillant qui regarde les eaux d'en haut », X, 30, 2, comme au vers VII, 39, 5, Agni, apparemment TAgni céleste, âgure au nombre des dieux qu*Âgni, le feu du sacrifice, est prié de faire descendre du ciel. Ailleurs, c'est sous le même nom d'Apàm Napât quun personnage, identique au fond à Agni, est associé à ce dieu, YI, 13, 3, cf. Vin, 91, 7. Le nom d'Apâm Napât appartient du reste à la forme terrestre comme à la forme céleste du Soma, et au vers 14 de notre hymne les prêtres sont invités à déposer les eaux sur le gazon sacré, a en compagnie d*Apàm Napât». C'est ainsi que dansPhymne II, 35 où Apâm Napât nous a paru identifié plutôt â Agni, on lui attribue deux naissances, une ici-bas et l'autre dans le ciel (vers 6, cf. 11 et 13), et qu'au vers I, 143, 1, le nom d'Apâm Napât est donné au sacrificateur établi sur la terre, c'est-à-dire à l'Agni terrestre. Dans l'hymne X, 30, comme dans l'hymne II, 35, il est dit d'Apâm Napât qu'il brille « sans bûche » dans les eaux (vers 4), et à la différence d'AgniApâm Napât, Soma Apâm Napât justifie cette observation sous sa forme terrestre aussi bien que sous sa forme céleste. L'épithète dvidhdràh a qui ont deux torrents », donnée aux eaux « mères » au vers X, 30, 10, renferme sans doute une allusion aux deux séjours, l'un céleste, l'autre terrestre, des mères de Soma Apâm Napât ^ Il semble d'ailleurs que le poète, en célébrant Apâm Napât sous la forme du breuvage sacré, fasse également allusion à son identité avec Agni, quand il donne à la liqueur, fœtus des eaux, l'épithete, consacrée pour le feu du sacrifice, de ghrilaprishtha, a qui porte sur spn dos le beurre », X, 30, 8. Nous avons vu qu'Agni Apâm Napât était l'époux ou l'amant des eaux en même temps que leur fils. Soma Apâm Napât, au milieu des eaux, est aussi comparé â un homme qui se livre â des jeux amoureux au milieu de belles jeunes femmes, X, 30, 5. C'est un jeune homme qui s'élance avec amour vers des jeunes femmes et qu'elles accueillent aussi avec amour, ibid, 6. D*autres allusions aux rapports sexuels de Soma avec les eaux se rencontrent en dehors de l'hymne

1. Cest sans doute encore en tant quUdentiqae à Apâm Napàt que Soma reçoit la qualification de apâm peru, X, 36, S. Ct. VII, 35, 13, où le mot peru c qui traverse f n est accolé au nom d*Apâiit NapAt.

où il est assimilé à ÂpàmNapât. Il « choisit » ^ les eaux» IX, 94, 1, il « fait le mâle » à travers le nuage, IX, 71, 3 ; c'est un jeune homme que les eaux rendent heureux, IX, 9, 5, ou un taureau que reçoit la rivière (la Rasa?), VIII, 61, 13, et qui mugit au sein des eaux, pareil au mâle au milieu du troupeau, IX, 76, 5. L'expression palih sindhûnâm, qui lui est appliquée au vers IX, 15, 5, pourrait donc être traduite a époux » aussi bien que « maître » des rivières. Au vers VUI, 83, 22, les épouses des Somas sont probablement les eaux nommées dans le même vers. Le nom de Gandharvades eaux, donné à Soma, IX, 86, 36, si on le rapproche de celui d'Âpsaras donné aux eaux elles-mêmes dans une formule où elles sont en relation avec Soma, IX, 78, 3, équivaut à peu près à la qualification d'amant des eaux. Non seulement, en effet, les Gandharvas sont dans la mythologie postérieure les amants des Âpsaras, mais il y a dans le Aig-Yeda un hymne entièrement consacré aux amours de Soma avec les eaux, où nous retrouvons ces deux noms.

C'est rhymne X, 123, qui, d'après TAnukramanî, est adressé à un dieu du nom de Vena. Ce qui peut faire croire que le mot vena, qui s*y rencontre aux vers 1, 2 et 5, est en effet devenu une sorte de nom propre^ c'est l'emploi qui en est fait au vers IV, 58, 4, à côté des noms d'Indra et du soleil. Il désigne en tout cas dans notre hymne le même personnage qui, aux vers 4 et 7, reçoit le nom de Gandharva, et qui est successivement représenté comme un veau au vers 3, comme un buffle au vers 4, et, au vers 6, comme un oiseau aux ailes d'or, cf. 5, messager de Varuna, renfermé dans le soin de Yama. La plupart des traits sous lesquels ce personnage est dépeint conviendraient à Agni aussi bien qu'à Soma. Mais au vers 8 et dernier, où le poète, au lieu d'en faire un oiseau, nous dit, ce qui revient au même en sonune, qu'il voit par l'œil du vautour, le nom de « goutte » • qui lui est donné nous prouve que c'est en réalité Soma qu'il représente, Soma qui voit par l'œil du soleil, IX, 10, 9, auquel il est identique sous sa forme céleste, Soma, le Gandharvades eaux, IX, 86, 36, qui, sous ce même nom de Gandharva, est décrit aux

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