‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 284 sur 335 · Cf. X · texte numérisé non relu

Cf. X

4. Voir III, p. 7, 8 et notes, la discussion des emplois de la racine manth « baratter > dans le Aig-Veda. Il importe surtout de rappeler qu'elle est employée pour exprimer Tacte de l'aigle qui ravit le Soma^ I, 93, 6 ; IX, 77, S.

5. C'est ainsi que le Soma céleste « coule autour > du Soma terrestre, IX,

sant. Nous savons en outre que Taigle ne diffère pas à l'origine du Soma qu'il porte.

Dadikrâvan, à la vérité, est seulement comparé à cet aigle, mais on peut croire qu'il lui est primitivement identique, car il est ailleurs appelé lui-même un aigle, IV, 38, 2, et paraît avoir été conçu comme un cheval ailé, IV, 40, 2 et 3. Nous avons du reste constaté déjà plus haut* la substitution du cheval à l'oiseau dans le mythe de la descente du Soma^.

D'après ce qui précède, je ne vois pas de raison de douter que l'être mythologique décrit par une succession d'épithètes au dernier vers de l'hymne IV, 40, à Dadhikrdvan, soit Dadhikravan lui-même, et ce vers prouverait, bien décidément, qu'il était identifié par les poètes à l'être présent en tous lieux qu'ils nomment tour à tour Agni et Soma : « Le flamant qui séjourne dans la lumière, le Vasu qui séjourne dans l'atmosphère, le sacrificateur qui séjourne sur l'autel, l'hôte qui séjourne dans la maison, qui séjourne chez les hommes, dans l'espace, dans l'ordre, dans le ciel, né des eaux, né de la vache, né de l'ordre, né des pierres, selon l'ordre. »

La parenté étymologique des noms de Dadhikrdvan et de Dadhyanc est évidente. Seulement, tandis que le mot dadhikrâvan nous a paru signifier <c qui verse le lait », le sens du mot dadhy-anc, dadày-ac, pourrait être purement et simplement « uni au lait ». Un tel nom suggérerait immédiatement l'idée de Soma, et l'étude du personnage confirme entièrement cette première indication. Nous allons voir, en eflfet, que Dadhyanc est tour à tour, comme Etaça (et comme Syûmaraçmi 5), un ancien rishi et une forme du cheval mythique, et que les détails de sa légende doivent le faire assimiler, comme Etaça, à Soma plutôt qu'à Agni.

Le nom de Dadhyanc est, aux vers I, 116, 12; 117, 22, accompagné du patronymique âlharvana « fils d'Atharvan »,

1, 6, a Tembrasse », Tenveloppe, IX, 12, 5. Cf. les expressioos t se revélir des aurores, IV, 23, 2, des eaux, des vaches, IX, 42, 1, ôes femmes, V, 43, 13 >, et plus général ement la diversité et ré.'i-ange(.6 des emplois métaphoriques du terme « vêtement » dans /2ig-Veda. (Obsevvatioos sur les figures de rhétorique dans le /Îig-Veda, Mémoires de fa Soc'éie de linguistique, IV, p. 131).

2. Ajoutons qu'on demande à Dadhikrdvan non seulement de prolonger la vie, mais de rendre la bouche pariumée, IV, 39, 6; sans trop insister sur cette formule qui peut exprimer simplement la bonne santé, on peut remarquer qu^elle serait particulièrement bien placée dans une invocation adressée à un représentant de Soma, cf. IX, 97, 19.

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