Je regarde ankasa comme synonyme de ankas
et c'est sans doute aussi comme représentant le soleil que Dadhikrâvan observe les assemblées», ibid.
D'autres traits, quoique pouvant convenir au soleil, et particulièrement au soleil considéré comme jOuant un rôle dans les phénomènes météorologiques, conviendraient mieux encore à l'éclair. J'entends parler d'abord du nom même de dadhi'krâ ou dadhi-krâvan signifiant littéralement « qui répand le lait caillé », etde différents passages qui paraissent faire allusion aux présents liquides de Dadhikrâvan, IV, 38, 10; 39, 4 ; 40, 2. Je signalerai ensuite le rôle belliqueux qui lui est attribué dans l'hymne IV, 38, où il est comparé à un héros* (vers 2 et 3), et où il est représenté couvert de poussière (vers 6 et 7), combattant des milliers d'ennemis, et les faisant fuir comme le ciel tonnant (vers 8). Les vaches au milieu desquelles il arrive (vers 4, cf. 6), les rapides parmi lesquelles il court (vers 7), paraissent d'ailleurs être ses compagnes^ en même temps que sa proie. Notons encore que s'il est comparé au soleil dans le vers IV, 38, 10, il Test à Agni dans le vers IV, 39, 2. Enfin il reçoit l'épithète viçvakrishti « commun à toutes les races », c'est-à-dire aux cinq races, cf. IV, 38, 10, qui rappelle le nom d'Agni Vaiçvânara. En somme, le cheval Dadhikrâvan, en raison de la complexité de ses attributs, paraît trouver son explication la plus satisfaisante dans le même ordre d'idées que les autres formes du cheval myth'quo où des arguments directs nous font reconnaître des représentations, non pas seulement du soleil ou de l'éclair, mais plus généralement d'Agni ou de Soma.
Je crois voir d'ailleurs une allusion formelle au mythe de la descente du Soma dans le vers suivant : IV, 38, 5. « Et les races l'appellent^ dans les combats, lui qui est pareil au voleur qui se baralle un vêlement^ à Taiglo qui descend épuisé, cherchant la gloire et le troupeau du bétail. » Le « voleur qui se baratte un vêtement » n'est pas différent de « l'aigle qui descend » ; le vêtement qu'il baratte^ n'est autre que le Soma qu'il fait couler du ciel et dont il se revêt ^ en le ravis-