‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 303 sur 335 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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3. Cf. au nom de Çara celui de Çaryàta. (Plus haut, p. 449 et note 6.)

4. Cf. encore le nom de Priçnigu tqui a pour vache Priçni» (cf. VII, 18, 10), c'est-à-dire qui jouit du lait de la vache céleste, désignant un protégé des Açvins, I, 112, 7.

6, Voir plus haut, p. 304,

donnant un flls. Mais les héros des deux mythes sont originairement identiques.

La femme dont il s*agit est désignée par le mot vadliri* màli signifiant «qur a un impuissant» et une telle appellation, désignant celle qui n'enfante que grâce à une intervention divine, doit évidemment être interprétée « qui a un mari impuissant». L'impuissant n'est autre que le démon. L'épithète vadAri est appliquée aux démons qui combattent Indra, I, 33, 6, et particulièrement à Vritra, I, 32, 7. Or nous savons que les épouses du démon sont les aurores pendant la nuit ou les eaux pendant la sécheresse. Elles ne donnent plus alors leur lait, la lumière ou la pluie, et n'enfantent plus Agni sous Terme de soleil ou d'éclair. C'est que leur mari, le démon, est impuissant. Mais viennent les Açvins, elles redeviendront fécondes. C'est ainsi que ces dieux déposent un fœtus dans des femelles, I, 157, 5, qui paraissent être les vaches célestes, cf. VI, 72, 4. De même ils donnent à la femme de l'impuissant un fils, et le nom de hiranya-hasla qui désigne ce fils, I, 116, 13; 117, 24, n'est pas moins caractéristique que celui de sa mère. C'est en eff'et une épithète du soleil «aux mains d'or », attribuée à Savitri au vers I, 35, 10. A cette appellation, il faut joindre celle de çydva « noir », X, 65, 12, qui rappelle la forme nocturne du soleil, cf. I, 115» 5. L'enfant, noir avant de venir au monde, a ensuite des mains, c'est-à-dire des rayons d'or. Le soleil n'est pourtant qu'une de ses formes. Au moins semble-t-il permis de chercher une allusion au triple Agni dans un passage où la naissance du « noir » est d'ailleurs présentée comme une résurrection : I, 117, 24. « Vous avez, ô Açvins, ô héros, donné à la femme de l'eunuque un fils aux mains d'or ; vous avez, ô dieux bienfaisants, relevé pour le faire vivre le noir fendu en trois. »

La réunion si fréquente des attributs de la parole sacrée et de ceux de l'aurore ou de la nuée dans un seul personnage mythique explique l'appel adressé aux Açvins par la femme de l'impuissant, I, 116, 13 ; VI, 62, 7 ; X, 39, 7. Je n'insisterais pas sur un trait qui peut paraître sans importance si l'idée de la parole sacrée ne me paraissait suggérée en même temps par un mot qui, dans deux de ces passages, semble désigner encore le même personnage, ou en tout cas un personnage analogue.

Ce mot est puramdhi, et, quelle qu'en soit l'étymologie

véritable * et la signification primitive*, il a été rapproché par les poètes védiques du mot dhi « pensée, prière » avec une insistance digne de remarque, II, 38, 10; IV, 50, 11 ; VIII, 34, 6 ; 58, 1 ; 81, 15 ; X, 39, 2 ; 65, 13 et 4. L'équivalence des deux mots dans la formule du vers IV, 50, 11 «favorisez les d/tt, éveillez les puramdhi>y, adressée à Indra et Brihaspati, est démontrée par la substition du second mot au premier dans le vers VII, 67, 5 aux Açvins « favorisez les puramdhiï). L'idée d'« éveiller », cf. I, 158, 2, ou d'exciter, 1, 123, 6 ; X, 39, 2, est elle-même assez caractéristique, surtout dans ce passage rappelant tant d'autres formules de l'union des dieux avec les prières : I, 134, 3. « Eveille (ô Vâyu) la puramdhiy comme un amant une femme endormie.» Il s'agit sans doute aussi de la prière dans les passages où la puramdhi est donnée pour compagne à Âgni, II, 1, 3, ou à Soma, IX, 72, 4 et 110, 3, dans ceux où il est dit que Soma la met en mouvement, X, 112, 5, ou l'engendre en fortifiant a la voix », IX, 97, 36, que par elle les dieux sont accrus, III, 62, 11, cf. VII, 32, 20, ou gagnés, VIII, 58, 1, (cf. la puramdhi des flibhus, IV, 34, 2).

La puramdhi a d'ailleurs deux formes, désignées au vers IX, 90, 4 par le duel puram-dhij et qui sont, selon toute vraisemblance, sa forme terrestre et sa forme céleste. L'existence de la seconde, déjà suggérée par les passages où la puramdhi est considérée comme un don des dieux, I, 5, 3;

1. M. Rotk rapporte le second élément à la racine dhi, qui a donné le mot dhi « prière » (cf. ddhi « souci », en regard de âdhl) et fait du premier un adverbe équivalent à purah, purd. M. Grassmann prcfëre la racine dhd et voit dans puram l'accusatif d*un mot pur u abondance ». L'existence de ce dernier ne me parait pas prouvée par le vers V, 06, 4. D*un autre côté, le seul composé dont le premier élément puisse être comparé à puram dans puram' dhi est le classique purani'dhri ou puram-dhri « femme mariée d*un certain âge, matrone respectable », dont l'étroite parenté avec notre mot, indiquée dans le dictionnaire de Pétersbourg, impliquerait, à ce qu'il semble, pour Je dernier élément de celui-ci, une racine dhd à peu près synonyme de dhrif plutôt qu'une racine dhi.

2. M.Roth adopte celle de u sagesse t, d*où, par le passage au sens concret, u sage » ; M. Grassmann celles de « riche » (contenant, ou donnant l'abondance), de « richesse », etc. La première interprétation a l'avantage d'être plus aisément conciiiable avec le sens du classique puram-dhri, et elle n'est pas inconciliable avec une étymologie qui emprunterait à celle de M. Grassmann la racine dhd et à celle de M. Roth l'adverbe puram. Le composé aurait signifié originairement quelque chose comme u prévoyance » ; car, eu dépit de son accentuation sur la première syllabe de puram, il ne parait pas avoir eu le sens possessif, et les rares exemples où l'on peut être tenté d'en faire un adjectif s'expliqueraient, en tout cas, par le passage du sent abstrait au sens concret.

IV, 22, 10; V, 35, 8 ; VIII, 34, 6 ; 81, 15, est confirmée par ceux où elle figure dans des enùmérations de dieux, II, 31, 4; 38, 10 ; V, 42, 5; VI, 21, 9 ; 49, 14; VII, 35, 2 ; 36, 8; 39, 4; X, 64, 7; 65, 13 et 14; 85, 36, apparemment comme Tune des femmes divines, des gnd, dont la mention expresse se rencontre aux vers II, 31, 4 et 38, 10. On peut la comparer à Sarasvatî, qu'elle accompagne au vers X, 65, 13, ainsi que les prières désignées par le mot dhî K Ainsi personnifiée, elle reçoit des sacrifices, VII, 9, 6, cf. VII, 39, 4, et est priée de venir sur son char pour distribuer des richesses à ceux qui l'invoquent, IX, 93, 4. Au vers V, 41, 6, les Puramdhis semblent, à la fois, identifiées aux épouses des dieux et regardées comme les inspiratrices de la prière. L'attribution du nom de puramdhi à l'aurore, III, 61, 1, pourrait s'expliquer par la confusion fréquente des formes de la femelle mythique, sans l'hypothèse d'une signification adjective qui ne parait pas non plus suffisamment démontrée par les vers IV, 26, 7 ; 27, 2 et 3. Dans ces derniers, notre mot peut désigner, parallèlement au faucon qui ravit le Soma, la femelle céleste qui échappe aux gardiens avares.

J'en viens enfin aux passages qui ont motivé cette digression, et où le mot puramdhi désigne un personnage identique, ou tout au moins assimilé à la femme de l'impuissant : I, 116, 13. « Puramdhi vous a invoqués... vous avez écouté comme un ordre l'appel de la femme de l'impuissant. 0 Açvins, vous lui avez donné celui qui a des mains d'or. » — X, 39, 7. « ... Vous êtes venus à l'appel de la femme de l'impuissant; vous avez procuré un heureux enfantement à Puramdhi. » D'après ce qui précède, il me semble permis de voir dans cette identification, ou dans cette assimilation, une trace de la confusion de la vadhrimali avec la parole sacrée.

Nous avons d'ailleurs à signaler encore d'autres emplois du mot puramdhi dans la légende des Açvins '. Le vers I, 117, 19, où il désigne, sans détermination précise, un per-

4. Je ne Tois pas de raison pour rapporter, dans plusieurs de ces enùmérations, à tel ou tel autre personnage diTin, comme une simple épithète, un nom qu^on est obligé de considérer comme celui d*un personnage distinct dans quelques-unes au moins d'entre elles, V, 42, 5; VII, 35, 2; 39, 4. Au vers II, 38, 10, Dhî semble même aussi personnifiée à côté de Puramdhi.

2. On sait déjà qu'ils sont priés de favoriser les Puramdhis, VII, 67, 5, cf. I, 158, 2; X, 39, 2. On pourrait expliquer par une assimilation de Puramdhi à Sûryà (voir p. 4(|2),le rapprochement dePùshan et de Puramdhi, X, 64^ 7, invoquant ensemble les Açyins, I, 181, 9, cf. II, 31, 4.

sonnage qui les a invoqués, peut s'expliquer par le mythe déjà étudié. Mais nous lisons ailleurs que les AÇvins donnent Puramdhi,!, 180, 6, et qu'ils la donnent à Kakshîvat, I, 116, 7. Or, d'une part, le nom de Puramdhi est attribué à une femme qui porte dans son sein des héros, et qui est un don d*Âgni, X, 80, 1, et de l'autre, Kakshîvat paraît être un des personnages mariés par les Açvins, d'où je conclus que c'est comme épouse que Puramdhi lui est donnée ^ Mais nous devons une étude particulière au fiancé lui-même.

Kakshîvat est le nom d'un ancien prêtre, désigné aussi parles mots auçija, I, 18, 1, cf, I, 112, 11* et pajriya. Le premier est un patronymique, « fils d'Uçij ^ », qui paraît désigner aux vers IV, 21, 6 et 7, le taureau caché, cf. ibid. 8, et au vers VI, 4, 6, l'oiseau céleste, c'est-à-dire dans l'un et l'autre cas une forme d'Agni ou de Soma*. Le second mot est dérivé d'un primitif ;)a/ra, dont le sens étymologique est vraisemblablement a brillant » (cf. pâjcLs). Le féminin po/râ est appliqué à la compagne des Maruts, Rodasî, I, 167, 6, qui n'est qu'une forme particulière de la femelle céleste. On comprend que Soma, en tant qu*issu de cette femelle, soit appelé pajrâyâ garbhàh^ IX, 82, 4. Le mot />a;>iya, si c'est un métronymique, désignerait donc Soma comme le mot auçija. Le simple pajra lui-même, au masculin, est appliqué, peutêtre comme une simple épithète, au cheval que les Açvins^ attellent pour Bhujyu, I, 158, 3, et dans lequel nous reconnaîtrons ® Soma, cf. VIII, 52,12. Il est devenu le nom d'une famille de prêtres, et désigne au pluriel la famille entière, 1, 117, 10; 122, 8 ; 126, 5,etau singulier sans doute tel ou tel de ses membres, I, 122, 7 ^. Le pluriel du mot pajra est, au versl, 126, 4, accompagné du pluriel du nom de Kakshîvat, et suit au vers I, 51, 14 une mention de Kakshîvat au sin-

1. Il est vrai qu*auz yen I, 116, 7; 180, 6, les verbes exprimant Tidée du don [rad et upa-srij) suggèrent plutôt Tidée d^un torrent répandu; mais il n'y aurait là rien que de conforme à la conception mythique d*une épouse céleste représentant la lumière ou la pluie.

2. Le personnage désigné par le nom d'Auçija, qui invoque les Açvins au vers I, 119, 9^ est sans doute encore Kakshîvat.

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