Voir plus haut, p
S. M. Roth et M. Qrassmann, d'après Sàjatia, interprètent ce mot comme désignant la race de Jahnu. Mais je ne connais pas d'autre exemple dans le Aig-Veda de la désignation d'une race par le féminin d'un patronymique.
[\. Le nom de Sobhari ou Sobhari, qui est celui d'un protégé des Açvins, YllI, 5, 26; 22, 15, chef de la race des Sobharis, désignés, tantôt par le pluriel, tantôt par le singulier du même nom, dans des hymnes aux ÂçTini#
un bel hymne de louange », elle reçoit, en qualité de protégée des Açvin s, répithète rUasiubli « qui loue selon la loi », I, 112, 20.
Il est temps enfin d'aborder l'étude du mariage mythique par excellence, de la légende où le fiancé est nommé par son vrai nom, et qui confirme ainsi toutes les interprétations précédentes. Je veux parler de l'union de Soma avec Sûryâ.
Les Açvinsontété eux-mêmes considérés comme les époux de Sûryâ, IV, 43, 6, cf. 1, 119, 5; mais dans l'hymne X,85, ils sont seulement les paranymphes* (vers 8 ; 14 et 15) qui conduisent Sùryâ dans la demeure de son époux (vers 10, 12, cf. A. V., XIV, 1, 10) Soma (vers 9), qui dirigent son cortège nuptial, cf. 1, 184, 3 ^. Cet hymne d'ailleurs ne renferme pas seulement la description du mariage mythique de S&ryà : il fait de ce mariage le prototype des mariages réels où les amis du fiancé remplacent les Açvins (23, cf. A. V., XIV, 1, 55 etR. V., VI, 63, 6), qui sont néanmoins priés de prêter leur concours à la cérémonie (26), la fiancée réelle tenant la place de Sûryâ elle-même (cf. 34 et 35 ; A. V., VI, 82, 2 ; XIV, 1, 53 ; 55 ; 2, 1 ; 32), à tel point qu'elle passe pour avoir appartenu à Soma (vers 40 et 41, cf. X, 109, 2 et 5), avant d'être à son époux mortel ^.
Qu'est-ce que Sûryâ? M. Grassmann en fait, après M.Roth, une personnification féminine du soleil. Son mariage avec Soma devient ainsi une union du soleil et de la lune. Il me faudrait oublier tout ce que je crois comprendre de la mythologie védique pour admettre une telle interprétation. A la vérité, l'un des très rares passages du ^ig-Veda où Soma semble déjà identifié à la lune * se rencontre dans l'hymne X, 85 (vers 2 et 5), et le même hymne renferme deux vers (18 et 19) consacrés au couple, d'ailleurs si rarement célébré par les /{ishis^, de la lune et du soleil. Mais ce couple est là, comme partout ailleurs, un couple de mâles, et dans le passage où Soma semble identifié à la lune ®, il est en outre ques-
VIII, 22, 2, aux Maruts, VIII, 20, 2; Set 19, à Agni, VIII, 19, 2 et 82; 92, 14, serait-il un métronymique irrégulier de subharâ ?
1. Désigués par le mot vara, qui signifie aussi a prétendant, fiancé o.
2. C'est sans doute aussi Sûryâ qui est désignée, au vers 2 de Thymne I, 34, aux Açvins, par le nom de « bien-aimée de Soma ».
3. Sur les autres époux divins de la fiancée, voir plus bas, p. 493.