Voir plus haut, p
arrivés de notre étude de la mythologie védique, nous n'avons plus à nous inquiéter d'un inceste de plus ou de- moins *. On aurait peut-être là l'explication d'une formule obscure du vers I, 34, 5, adressé aux Açvins : « La fille est montée sur votre char pour le soleil^, »
Cependant c'est surtout dans l'ordre des idées liturgiques que doit s'expliquer Tunion de Soma avec Sûryâ. Cette interprétation est naturellement indiquée pour Soma par son nom même. Quand à Sûryâ, elle pouvait très bien, sous la forme de l'aurore, s'unir au breuvage sacré ^. Mais le personnage, comme presque tous ceux de la mythologie védique, est complexe, et comporte plus d'une explication. U ne faut pas oublier que l'aurore elle-même est appelée la voix divine des Açvins, VIII, 9, 16, et que plusieurs des personnages femelles figurant dans la légende des Açvins nous ont déjà paru emprunter certains de leurs attributs à la parole sacrée. L'épithète manâ-ixi^û ^ « qui ont pour richesse la prière », attribuée aux Açvins, a été déjà rapprochée de sùryâ-vasù, aussi bien que vicpald-vam et les autres^. Nous avons vu® que la parole sacrée, désignée par le mot vâniciy est, au vers V, 75, 4, cf. VIII, 26, 19, placée sur le char des Açvins comme Sûryâ elle-même. Enfin on sait aussi déjà ^ que Rodasî, la prière et la compagne des Maruts, est comparée à Sûryâ en même temps qu'à la prière des hommes, I, 167, 3 et 5, et c'est peut-être un rapprochement du même genre entre Sûryâ et la parole humaine* qui a donné le couple des « deux prières», vdni, au vers I, 119, 5, où figure précisément la compagne des Açvins sous le nom de jenyd^. Au vers I, 180,
1. Voir plus haut, p. 428, les incestes de Pùshan, qui remplace Soma comme époux de Sûryâ (ci-dessous, p. 492).
2. Si le texte n*est pas fautif. Il semble impossible de construire sûre duhitd « la fille du soleil ».