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caractéristique des Açvins. La femelle désignée par le mot jenyâ est sans doute ici Sarasvatî, nommée au vers 10 du même hymne comme la compagne d'Indra et Agni, et qui, comme Sûryâ, compagne des Açviqs*, représente principalement la prière. Au vers VI, 59, 6, la femelle qui, sans pieds, devance celles qui ont des pieds, et qui sort « de la tête parlant au moyen de la langue » *, c'est-à-dire la prière, paraît être encore considérée comme la compagne d'Indra et Agni. Enfin, les pères ennemis des dieux, combattus par Indra et Agni, VI, 59, 1, correspondent aux « malveillants » et particulièrement au « père malveillant » que nous devons rencontrer dans les mythes de /îijrâçva, de Bhujyu, de Vandana et de Rebha, renvoyés à la quatrième partie ^. Nous retrouverons tout à l'heure les énigmes déjà citées* sur le char et sur les mères d'Indra et Agni, rappelant des traits identiques ou analogues du mythe des Açvins.
On pourrait donc invoquer, à l'appui d'une identification des Açvins avec Indra et Agni, des arguments assez nombreux. Cependant, tout ce que nous conclurons de ces rapprochements est que les deux couples ont été en effet quelquefois assimilés. Mais le couple des Açvins a dû avoir son origine indépendante, quoique analogue à celle dû couple d'Indra et Agni. Le personnage divin qui, dans le premier, correspondra à Indra, aura eu, je suppose, comme Indra, une origine lumineuse ou ignée; mais entre l'élément mythique primitif, le soleil par exemple, et l'Açvin, nous n'avons pas à supposer l'intermédiaire d'un personnage déjà distinct comme l'est Indra.
Mais, si nous renonçons à considérer comme primitive la distinction des deux Açvins sous les noms d'Indra et d'Agni, où devrons-nous chercher l'explication du couple? D'après toutes les analogies, dans les divisions de l'espace plutôt que dans celles de la durée : et on va voir, en efi'et, que le système d'interprétation des nombres suivi dans tout ce livre^ est applicable au couple des Açvins.
Les Açvins, il est vrai, sont invoqués le matin et le soir,
1. Les AçyiDs eux-mômes ont pour compagne Sarasvatî au vers X, 131, 5. (Voir plus bas, p. 509.)