‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 47 sur 335 · TO · texte numérisé non relu

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On aurait tort de chercher dans Teau qui mppte les vapeui^ dont se forment les nuages. Ce qui préoccupe surtout I09 ^ishis n'est pas la physique, mais la liturgie. L'eau qui descend est bien Teau des nuages, mais Teau qui monte estrofr frande ; car, d'après le même vers, si ce sor^t les nu^g^s qpi récréent la terre, ce sont les ce feux » qui récréent le ciel; et ces feux qui, dans une antithèse aussi bien marquée, Qe peuvent être que des feux terrestres, ]es feux des sacrifioas, ne peuvent aussi porter dans le ciel d*autre ^^u que Toffrande. Cela n*empéche pas le poète de dire qu^ c'est \hM même eau qui monte et descend ainsi. Les éléments femelles du culte sont, en effet, considérés comme identiques d0 lew nature à ceux des phénomènes célestes. Cette observatipii nous ramène aux femelles « qui se goûtent elles-méipes ». Upe expression analogue se retrouve au vers X, 100, 10, où \^9 vaches auxquelles elle est appliquée paraissent être de$ vaclies réelles, se nourrissant des vaches célestes, c'est-à-dire buvai^t l'eau de la pluie : « Soyez-vous à vous-mêmes votre propre remède. »

Les rapports du mâle avec les femelles paraissent conçus comme une union sexuelle entre le mâle céleste et les femelles terrestres au vers IX, 72, 3, qui nous montre Soma se dirigeant vers les vaches malgré le cri de la Fille du Soleil. Nous verrons plus loin * que cette dernière est une amante céleste de Soma. Le vers ajoute d'ailleurs qu'il habite ayec deux groupes de sœurs *. Au vers IX, 93, 1, ou figurent a: les filles du Soleil » (au pluriel), Soma échappe également aces femelles célestes, probablement pour se repdrp à T^^pp^l des prières, mentionnées dans l'hémistiche précédent.

Nulle part les rapports du mâle av0p deux sortes de femelles dont les unes habitent le même monde que lui, et les autres un autre monde, ne sont plus nettement indiqués que dans le vers III, 55, 17 : « Quand le ipâlp mqgit aij niiji^u des unes, c'est dans un autre troupeau qu'il dépose sa semence. » C^tte formple a pu servir à exprimer à la fois l'union du mâle céleste avec les femelles terrestres et celle du mâle terrestre avec les femelles célestes, l'action du ciel sur la terre et l'action de la terre sur le ciel que nous avons vues opposées l'une à l'autre au vers I, 164, 51 : <( Cette

1 . Dans le chapitre de la troisième partie consacré aux Âçvins. i. Voir plus haut, p. 53.

même eau monte et descend journellement : les nuages récréent la terre, les feux récréent le ciel. »

§ VI. — SUITE DU PRÉCÈDENT. — LA FEMELLE CACHÉE. — SES RAPPORTS AVEC LE HALB CACHÉ ET LE MALE VISIBLE.

Des données non moins intéressantes sur les relations du mftleavec des femelles appartenant à des mondes différents, sept celles des textes qui opposent Tune à l'autre deux de ses mères, l'une comme lui donnant toujours, l'autre comme lui refusant quelquefois son lait.

L'idée d'une mère céleste qui abandonne sa progéniture est familière aux poètes védiques. C'est ainsi que nous verrons Aditi a rejeter » Mârtâwrfa, X, 72, 8 et 9 *, et Saranyû abandonner ses deux jumeaux, X, 17, 2 *. On peut fappropher de ces faits, en raison de l'assimilation fréquente dans la mythologie védique du personnage de la mère et de celui de Tépouse, la fuite d'Urvaçî, abandonnant son époux Purûravas, dans l'hymne X, 95 '. Il est aussi fait allusion dans plusieurs passages à l'idée que la vache céleste se dérobe parfois au sacrificateur qui veut la traire. On prie Sarasvatî de ne pas refuser son lait, VI, 61, 14*. On demande à Indra et Varuna une vache qui no refuse pas son lait, IV, 42, 10. Aux vers 11 et 12 de l'hymne VI, 48, la vache « qui ne refuse pas son lait », que les prêtres doivent amener au sacrificateur par le moyeu d'une prière nouvelle, parait être la même qui a donné à la troupe divine des Maruts un lait de gloire et d'immortalité. On pourrait donc l'assimiler à Priçni, qui passe, comme nous le verrons, pour la mère des Maruts. Remarquons que Priçni, d'après le vers 22 du même hymne VI, 48, donno tout son lait en une fois, ce qu*il faut peut-être entendre en ce sens que, comme celui de la vache dont il est question au vers X, 87, 17, son lait est annuel ^, c'est-à-dire ne coule qu'une

y Vol. III, p. 107.

S. Voir la deuxième partie,

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