Nous aurons Toccasion de revenir sur Saranjrù
nous lisons qn'Agni a été tiré « du père suprême », et au vers IV, l, 11, cf. 12, qu'il est né « le premier, caché dans le nid du taureau ». Ce « nid » d*un taureau qui ne paraît pas luimême différer du père suprême, ce nid où Agni naît caché, ressemble fort déjà au lieu mystérieux où la mère enfante « loin du troupeau S). Il y a mieux. De même que la mère d'Âgni le porte « pendant beaucoup d'années », V, 2, 1 et 2, de même il passe beaucoup d'années <c dans son père », X, 124, 4. Arrêtons-nous à cette dernière expression.
Le sens en est précisé par le vers III, 29, 14, où il est dit qu'Agni est né « du ventre de l'Asura». C'est seulement dans la quatrième partie de ce livre que nous chercherons à déterminer les applications diverses du nom d'Asura. Qu'il nous suffise ici de remarquer que le même nom est donné au père « dans lequel » Agni a passé beaucoup d'années, X, 124, 3 et 4. Le père en définitive est, dans ces deux passages, assimilé à une mère. Il en est de même au vers I, 164, 4 : « Qui a YU naître le premier-né, alors que celui qui est sans os porte celui qui a des os ?»
L'idée d'un hermaphrodite est d'ailleurs familière aux Aishis. Ils connaissent un taureau qui met bas, III, 38, 5, un taureau- vache, ibid. 7, qu'outrait, I, 160, 3, cf. 1,141, 2, et par suite un lait de taureau, X, 1(X), 2. C'est ce qui explique que l'auteur de l'hymne IV, 58 représente indifi'éremment le beurre céleste comme caché « dans la vache » (4) ou «vomi », c'est-à-dire donné par le taureau (2), et qu'au vers X, 11, 1, ce soit également un mâle qui donne à un autre mâle, c'està-dire au feu du sacrifice, « le lait d'Aditi ».
Le nom de « père » se retrouve au vers in, 1, 9, dans la formule « Agni a dès sa naissance trouvé la mamelle de son père », et le poète ajoute, entassant paradoxe sur paradoxe : ce 11 en a fait couler des flots, des vaches. » Ces vaches, bien entendu, sont elles-mêmes des flots, des flots de lait, comme celles, qui, d'après les vers IV, 22, 6, sortent également « de la mamelle du mâle » ^
Revenons maintenant au vers 14 de l'hymne III, 29, et à Agni « naissant du ventre de l'Asura ». Nous devons en rapprocher le vers 1 1 du même hymne où Agni figure encore comme a fœtus de l'Asura ». Le poète nous y apprend qu'à ce titre il reçoit le nom de tanûnapdt. Le mot est un composé