‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 74 sur 335 · P.IOO · texte numérisé non relu

P.IOO

qu'il eommunique aux hommes * et qui sont la récompense du sacrifice: «Quand les mères (les doigts ou les prières) ont enfanté le porteur (d'offrandes, le feu du sacrifice), l'un des deux sacrificateurs (le feu du sacrifice) opère , Tautre (le propre fils du père) fait réussir (le sacrifice), » ibid. Mais la formule la plus intéressante est celle par laquelle débute le vers : «cLe fils n*a pas abandonné Théritage à sa sœur ».

Ce nom d'héritage est donné au vers 11 de l'hymne X, 61, au lait même de la vache ou de la fille du père. Il se retrouve encore au vers VIL 4, 7 : «L'héritage de l'étranger», c'està-dire du feu céleste*, «doit être conquis'». Dans notre vers m» 3L 2, il désigne toujours les trésors célestes. Quant à la sœur à qui le fils dispute cet héritage, elle ne diffère évidemment pas de la fille du père dont il est question dans le vers précédent. Si elle figure ici comme sœur, et non plus comme mère du fils, c'est que ce fils est sorti directemeut du sein de son père. Elle n'en reste pas moius, d'après le vers 1, la mère de la prière enseignée par Agni. Elle n'en doit pas moins être assimilée à la mère cachée qui retient les trésors célestes jusqu'à ce qu'ils lui soient arrachés par Agui.

Dans certaines formules, le retour de la lumière et des eaux est présenté comme une manifestation, comme une apparition de la mère elle-même. On dit aussi, pour exprimer l'action exercée par Agni sur la fille du père, qu'il l'engendre, X, 3, 2, c'est-à-dire qu'il la fait apparaître. Cette fille du père, en tant qu'elle apparaît, a pu être assimilée, et paraît en effet avoir été assimilée dans notre passage à l'Aurore. Au vers suivant, l'amant qui poursuit sa sœur doit être encore Agni poursuivant, sous la forme du soleil, l'Aurore considérée comme la fille du père, et par suite comme sa propre sœur. C'est là une application particulière du terme de fille du père, qui ne doit pas nous faire méconnaître la possibilité d'une application non moins légitime du même terme à la nuée^ ou plus généralement à l'élément femelle qui, avant de se manifester dans l'uuivers visible, est d'abord caché dans le monde invisible.

1. C*ett ainsi qu*aa vers I, 163,5, les traces des sabots du cheval du sacrifice, c^est-à-dire les différents séjours du mâle dans les différents mondes, flK>nt également appelés a les dépôts du donneur ». Je ne puis croire que tanitur soit dans nos deux passages, comme le veulent MM. R. et Gr., un adverbe qui n*aurait plus rien de commun avec le mot sanitri a donneur » .

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