Voir plus haut, p
3. Cf. encore Indra prenant rhéritage pour lui-même, VIII, 46, 16.
Ailleurs, Soma trait la fille* du pare, tandis qu'il est trait lai-même par le père, IX, 89, 2. Le dernier détail équivaut à la formule du vers I, 140, 3, d'après laquelle Âgni «accroît» son père, et rappelle celles où il est présenté comme le père de son père. Mais si le poète dit en même temps que Soma trait la fille du père, c'est sans doute pour exprimer une idée analogue à]celle que nous avons vue exprimée plus haut sous cette autre forme : «Le fils n'a pas abandonné l'héritage à sa sœur», n s'agit toujours de la conquête des trésors célestes, considérés ici comme le lait de la fille du père, laquelle se trouve, par ce fait même, assimilée à la mère.
Au vers IX, 97, 47, au contraire, nous lisons que Soma «cache» les formes de la fille. Il faut peut-être voir dans cette formule une nouvelle trace de la confusion du fils et du père. En tout cas, Soma paraît y prendre exceptionnellement un caractère malveillant qu*assume également Agni lorsqu'il reste volontairement caché, comme dans l'hymne X, 51 , cité plus haut. Nous reviendrons sur ce point dans la seconde partie.
Mais en tant qu'il est distingué du père, et surtout en tant qu'il lui est opposé, le fils est toujours celui qui tend, et à se manifester lui-même, et à faire apparaître avec lui dans l'espace visible les formes célestes de l'élément femelle, c'est-à-dire la lumière et les eaux. L'inceste du frère avec sa sœur paraît être toujours un bienfait pour les hommes.
n en est autrement de l'inceste du père avec sa fille. Des quatre passages où nous avons rencontré des traces de ce mythe, deux, I, 71, 5 et III, 31, 1 et 2, font clairement allusion à la malveillance, et du père, et de la fille, et même dans l'hymne X, 61, qui, selon notre interprétation, rattache la descente de Soma sur la terre à l'inceste du père avec sa fille, c'est, d'après le vers 6, «quand ils se séparent» que tombe cette semence que nous avons identifiée à Soma.
En somme, la fille, en tant qu'unie au père, paraît représenter la femelle céleste qu'il retient*, ou qui reste volontairement auprès de lui, cachée aux regards des hommes dont les intérêts sont au contraire embrassés par le fils, ou se confondent avec ceux du fils. C'est ainsi que la «mère», au lieu de donner «la meilleure part au fils'», II, 38, 5,