‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 93 sur 335 · Voir m, p · texte numérisé non relu

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on dit d'eux, non seulement qu'ils s'éveillent à l'aurore, mharbudhahf I, 14, 9 ; 44, 1 et 9, mais, ce qui est plus caractéristique, que leur « naissance ' » coïncide avec Fappa* rition bienfaisante des Açyins, VI, 63, 5, c'est-à-dire encore avec le lever du jour. Ils semblent là identifiés avec les phénomènes lumineux du matin. D'autre part, un personnage divin qui, en tant que né des eaux, est assimilé à iipàm Napât, Hiranyagarbha ', est appelé le a souffle » des dieux, X, 121, 7, cf. 1.

Les Âishis vont plus loin encore. Ils donnent le nom même de a feux » aux viçve devàs^ c'est-à-dire à tous les dieux invoqués avec Agni, III, 24, 4 ^, qui paraît alors ne dififérer d'eux que comme représentant le feu par excellence. Au vers 1 de l'hymne Y, 3, il est dit que tous les dieux sont compris dans Agni, qui est de plus identifié spécialement, dans ce vers et dans les deux suivants, à plusieurs dieux, et dans l'hymne II, 1, successivement à tous les dieux du Aig-Veda, et on rencontre ailleurs encore l'idée que les difiérents dieux ne sont que des noms différents d'un seul et même être, 1, 164, 46, cf. m, 38, 7; X, 114. 5, à savoir du « taureau», III, 38, 7, ou de 1' « oiseau », X, 114, 5, cf. I, 164, 46, dans lequel nous sommes habitués à reconnaître Agni ou Soma. Cette idée, saus doute, ne se rencontre que rarement sous sa forme achevée. Mais l'identification isolée de tel ou tel des différents dieux à Soma, et surtout à Agni, sous leurs différentes formes, est un fait fréquent que nous aurons à signaler dans les chapitres consacrés à chacun d'eux.

Le caractère d'Indra est conforme à la conception générale qui attribue aux dieux védiques une nature essentiellement lumineuse ou ignée. Il est brillant comme la lumière même, lY, 23, 6, cf. X, 43, 9, et c'est avec des formes brillantes qu'il pénètre au 'milieu de ses noirs ennemis, III, 31, 21. Il a la couleur de l'or. Y, 38, 2 ; il est une « source d'or», YIII, 50,6. Les poètes donnent aussi des crinières d'or, Yni, 32, 29, à ses deux chevaux, et le nom ordinaire de ces chevaux, hari « bai », éveille également une idée de splendeur sur laquelle les hymnes III, 44 et X, 96 insistent

1 . Le mot janiman n*e8t employé dans le Aig-Veda que trois autres fois au locatif, et toujours dans œ sens, III, 1, 4; IV, 17, S; 2S, 4.

S. Voir plus haut, p. 47.

3. Cf. les yen III, S6, 4-6 où ce sont les Maruts, groupe souvent assimilé d*ailleurs à celui des Viçve devda, qui sont in?oqnés sous le nom de a feux », agnayas, dans un hymne à Agni VaiçyAnara.

avec des jeux de mots interminables. Indra est comparé au soleil pour dififérentes raisons, I, 100, 2; 130, 2; II, 11, 20 ; Vni, 32, 23, mais particulièrement à cause de sa splendeur, de ses rayons qui croissent et avec lesquels, comme le soleil, il a agrandit » ' les deux mondes, VIII, 12, 7. Sa face est « invincible » comme celle du soleil, X, 48, 3, ce qui veut dire sans doute que Teclat de cette face triomphe des ténèbres. Non seulement c'est « avec le soleil » qu'il accomplit plusieurs des exploits qui lui sont attribués, II, 11, 4 ; VIII, 12, 9 ; X, 148, 2 ; non seulement il voit par l'œil du soleil, VII, 98, 6, et se fait traîner par ses chevaux, X, 49, 7, cf. I, 130, 2, VIII, 1, 11 ; mais il se revêt lui-même de l'éclat du soleil^ X, 112, 3 ; enfin il reçoit le nom même de « soleil » ' dans un vers, X, 89, 2, où il est représenté faisant rouler à travers l'espace les roues de son char, cf. II, 11.20.

Les /{ishis disent de plus qu'il remplit les deux mondes, VIII, 53, 4, qu'il les remplit comme l'aurore, X, 134, 1, et nous pouvons ajouter, comme le soleil, ou plus généralement comme Agni, c'est-à-dire aussi comme l'éclair. Il est en effet, dans une formule curieuse, VIII, 82, 9, comparé à la foudre, qui plus ordinairement est mise comme une arme entre ses mains.

D'autres traits encore rapprochent le personnage dlndra de celui d'Agni, soit qu'il faille expliquer ces analogies par l'identité d'origine, ou par une assimilation plus ou moins tardive, ou tour à tour, et selon les cas, par Tune et par l'autre de ces causes.

C*est plutôt à la seconde que je rapporterais l'attribution faite à Indra d*une multiplicité de formes, rùpa, III, 53, 8 ; VI, 47, 18, cf. VIII, 15, 13, nâman, III, 37,3; VIII, 82, 17, cf. X, 73, 8 et 74, 6 \ dhàman, III, 37, 4; VIU, 21, 4, qu'il prend à volonté, III, 48, 4, *. De même que ses puissances, indriya, sont réparties, tantôt entre le ciel et la terre,

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