‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 97 sur 335 · Nous en donnerons Tanalyse, ibid · texte numérisé non relu

Nous en donnerons Tanalyse, ibid

d'une mère à laquelle semblent quelquefois substituées les eaux (au pluriel). Cette mère prend tour à tour un aspect bienveillant et un aspect malveillant comme la mère cachée d'Agni que nous avons précédemment étudiée, et comme le père d'Indra lui-même que nous verrons tour à tour forger à Indra sa foudre, II, 17, 6, ou, au contraire, devenir Tennemi du jeune dieu, qui, pour entrer en possession de son héritage, cf. VIII, 46, 15, et en particulier pour conquérir le Soma, doit lui faire violence, et consommer sur lui un parricide, IV, 18, 12. De même que le feu céleste est caché par samère, V, 2, 1 , Indra est aussi caché par la sienne, cf. 1, 52, 3, comme s'il était indigne devoir le jour, IV, 18, 5; de même qu'Agni et Soma S c'est par un acte de sa volonté propre, et de vive force, qu'il sort du sein où elle le retenait trop longtemps, rV, 18, 1-4, cf. 13; enfin l'allusion même à la diversité des traitements qu'Indra reçoit de sa mère en naissant, IV, 18, 8, impliquant l'idée d'une série de naissances de ce dieu éternellement jeune, II, 16, 1 ; VI, 38, 3, nous révèle une nouvelle ressemblance entre lui et le feu sans cesse renaissant. IlestmêmeauversIV, 18, 8, expressément donné comme le flls des eaux.

Indra semble encore assimilé à Apâm Napât en plusieurs passages qui le représentent, non seulement revêtu du nuage, II, 30, 3, cf. IV, 22, 2, mais naissant, VIII, 6, 28, et croissant, I, 33,11 ; X, 43,3; 104, 9, (cf. X, 30, 4et II, 13,1?), au milieu des rivières célestes, et mugissant avec des mères, II, 11,8, ou faisant mugir à sa naissance des vaches, VIII, 59, 4, qui semblent être aussi les eaux du ciel. On l'appelle le plus puissant âptya des âptya, X, 120, 6, et ce mot, comme nous aurons l'occasion de le redire à propos de Trita i4ptya, paraît être une sorte de métronymique équivalent à Apâm Napât. Enfin Indra, comme Apâm Napât, est l'amant, X, 111, 10, cf. VII, 26, 3, aussi bien que le fils des rivières.

Concluons de ce qui précède que l'origine naturaliste du personnage d'Indra ne doit pas être cherchée, comme on l'a fait quelquefois, dans l'idée du ciel même '. Il ne faudrait pas abuser, il est vrai, de l'argument fourni par les textes qui

S. La formule qui arme le ciel d'uue arme de jet, nommée açani^ et qui loi compare Indra, le porte-foudre par excellence, IV, 17, 13, est à ma connaift^ance le seul du Aiir-Veda qui puisse fournir un argument à Tappui de cette hypothèse. La comparaison du vers X, 133, 5 est trop peu caractéristique pour mériter d'être relevée.

donnent pour parents à lodra le couple formé du ciel et de la terre, ni de celui qui nomme en particulier le ciel comme son père, IV, 17, 4, cf. V, 36, 5. Nous savons en eflFet qu*un seul et même élément, le feu, a pu fournir à différents mythes deux personnages dont l'un est le père de l'autre *. Encore une fois, ce qui est caractéristique, c'est le fait même de la naissance dindra. Sans doute il est dit aussi du ciel, en même temps que de la terre, qu'il a été engendré. Mais il n'y a pas de comparaison à faire entre les formules paradoxales qui représentent les premiers parents comme engendrés par leur propre fils*, et celles qui célèbrent les exploits accomplis par Indra à sa naissance. Ces dernières offrent, au contraire, plus d'une analogie frappante avec celles qui concernent la naissance d'Âgni ou celle de Soma.

Ajoutons que l'étymologie la plus vraisemblable, selon nous, du nom d'Indra, est celle qui le rattache à la racine indh «brûler» comme le nom d'indu, désignant la goutte brillante et brûlante du Soma'.

Qu'on ne se méprenne pas, d'ailleurs, sur la portée que nous entendons donner à ces rapprochements. Il ne s'agit pas d'identifier l'Indra invoqué dans plus de deux cents hymnes de iîig-Veda avec l'éclair ou le soleil, non plus qu'avec le vent*, par exemple, auquel il est aussi comparé, X, 23, 4, cf. II, 14, 3; IV, 17, 12. Indra n'est pas resté simplement une nouvelle forme du feu à ajouter à celles que nous avons cru déjà reconnaître et à d'autres que nous aurons à reconnaître encore. J'ai annoncé en effet que nous abordions l'étude d'un dieu conçu comme distinct des éléments, soit naturels, soit liturgiques, qui nous avaient seuls occupés jusqu'ici. C'est peut-être ce caractère moins directement naturaliste d'Indra qui faisait quelquefois mettre en doute son existence. Indra,en effet, semble avoir été à peu près le seul' des dieux védiques qui ait rencontré des incrédules et aux yeux duquel, par suite, le suppliant puisse se faire un mérite de sa foi, I, 55, 5; 102, 2; 103, 5 ; 104, 6 et 7 ; VI, 26, 6; VII, 32, 14; X, 113, 9; 147, 1, cf. 1, 108, 6; VIII, 1, 31 ; IX, 1 13, 2 et 4 ^ L'impie nie

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