‹ La Reliure ancienne et moderneChapitre 4 sur 9 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

subsista entière jusqu'en 1 788 ; les volumes qui en proviennent ne sont pas bien rares, mais ils sont toujours justement recherchés, parfois ils atteignent des prix qui attestent à quel point on les estime.

Le faible Louis XIII et Anne d'Autriche donnent un prix exceptionnel aux volumes que décorent leurs armes; à cette époque fiorissait un artiste qui a laissé un nom glorieux dans les fastes de la reliure, il est connu sus le nom de Le Gascon; son histoire est presque ignorée, mais ses œuvres ne permettent pas qu'il soit oublié.

Quelques amateurs, contemporains de Louis XIV, Habert de Montmaurt, et Dufresnoy, entre autres, ont attiré sur eux l'attention qui, pendant longtemps, ne les avait pas atteints. Vers le début du règne de Lous XV, nous rencontrons le comte d'Hoym, ambassadeur de Pologne à la cour de France, possesseur d'une nombreuse et belle bibliothèque, dont les débris épars, dispersés en j 733, sont aujourd'hui recherchés avec ferveur. A la môme époque se montre Madame de Verrue, maîtresse du roi de Sardaigne, femme spirituelle et bibliophile éclairée -, décernons également ce titre à Madame de Pompadour, mais ne l'accordons pas à Madame Du Barry, qui ne consacrait pas son temps à la lecture et qui acheta, qui fit relier à ses armes un certain nombre de livres, comme une obligation que lui imposait la dignité à laquelle elle avait été élevée. Les amateurs convoitent avec avidité et payent fort cher les volumes qui ont eu l'honneur d'appartenir aux deux Cotillons dont Louis XV subit l'empire.

On comprend que l'époque de la révolution et que le premier Empire furent peu favorables à l'art de la reliure, pour lequel ii faut des temps de calme et d'épanouissements délicats-, la Restauration montra l'aurore d'un beau jour; Thouvenin accomplit des progrès réels, il en méditait d'autres lorsque la mort vint le frapper, mais les volumes que lui confia un ingénieux académicien, Charles Nodier, conserveront toujours un rang fort honorable*, Simier et Koehler se montrèrent ses émules; plus tard vint Capé, mais toutes ces renommées ont pâli devant celle de M. Trautz-Bauzonnet , artiste qu'il paraît impossible de surpasser et auquel nul ne conteste aujourd'hui le sceptre de la reliure.

Il n'est donné qu'à un bien petit nombre de personnes de pouvoir

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