‹ La reliure de luxe. Le livre et l'amateurChapitre 13 sur 27 · J1U41J ,UI/AU · texte numérisé non relu

J1U41J ,UI/AU

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qu'elle multiplie sont des sujets , non des ornements. Ce sont de petits tableaux faits pour euxmêmes, jamais en vue de la décoration d'un livre. Ce fait arrive pour la première fois depuis l'invention de l'imprimerie. Il arrive de même pour la première fois en ce qui concerne la reliure. On ne discute pas sur la reliure elle-même. Elle est inférieure. Elle a moins de solidité, moins de fini, moins d'élégance. Comme personne n'a l'air d'y prendre garde, elle ne se gêne pas. On. ne l'en estimera ni plus ni moins puisqu'on n'a pas souci d'elle. Un enfant de dix ans, d'un seul effort, peut séparer un livre moderne de sa reliure. Il faudrait atteler quatre chevaux sur un livre du seizième et du dix-septième siècle.

Il convient de le répéter, la déchéance de la reliure proprement dite n'importe pas aux amateurs. C'est le doreur-décorateur de la reliure qui compte ; le court manuel cité tout à l'heure, publié il y a une quinzaine d'années, énumère les relieurs en renom. Ce sont : Allo, les successeurs de Capé, Masson et Debonnellc ; Chambolle, successeur de Duru ; Cuzin, David, Hardy, Lortic, Thibaron, Trautz-Bauzonnet. Ce sont des doreurs-décorateurs, plus ou moins illustres comme tels ; ce ne sont pas des relieurs. Le Manuel en oublie quelques-uns de bonne foi sans doute. Ce sont toujours des doreurs. Depuis, il y a dans la liste précédente des noms qui ont disparu

et qu'il est aisé de remplacer par d'autres arrivés récemment à la notoriété. Il n'y a pas un relieur parmi eux, où si l'on veut, ils le sont tous; mais ce n'est pas comme relieurs qu'on les connaît. Il est bon de constater que plusieurs d'entre eux, MM. Marius Michel, Wampflug, Reymann, Bénard, ne signent de reliures qu'en leur qualité de doreurs. C'est un peu nouveau. Trautz, qui était un excellent relieur, bien que sa reliure fût un peu massive, faisait sa dorure lui-même. C'est peut-être le cas de Lortic. C'est peutêtre aussi à cause de cela qu'il est coté moins haut qu'il y a dix ou douze ans. Alors, c'était le successeur désigné de Trautz; on comparaît ses reliures aux pièces de maîtrise des anciennes corporations. On commence à regarder d'un autre côté, sans aller plus loin cependant, dans l'amoindrissement de l'estime qu'il inspirait à un groupe nombreux d'amateurs. Il existe une tendance manifeste à séparer du relieur le doreur-décorateur et à faire à celui-ci une trop grande part dans la considération que mérite leur œuvre commune. Ils n'y auront vraiment droit que le jour où ils se décideront à reprendre la tradition de la Renaissance. Nous avons dit que les relieurs d'Henri VIII travaillaient sur les dessins d'Holbein. Ce ne lui était pas particulier. Jean Cousin, Geoffroy Tory, Petit Bernard, décoraient à la fois l'intérieur et la reliure du livre. Là est la solution. Elle ne

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