‹ La reliure du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 23 sur 39 · EXEMPLAIRE DE LA DUCHESSE DE BERRT RELIURE DE SIMIER · texte numérisé non relu

EXEMPLAIRE DE LA DUCHESSE DE BERRT RELIURE DE SIMIER

Le règne de la gaufrure.

La gaufre est un talent où peu de gens excellent...

Cet aphorisme n'est point, comme vous ie

penseriez, de Brillât-Savarin, c'est encore un

article de foi de la reliure de 1820.

La gaufrure fut une rage.

Courteval passe pour être le premier à avoir introduit ce genre. « Cela se fait avec deux ais en bois ou en cuivre, crénelés en sens inverse. On les applique des deux côtés de la reliure, positivement aux endroits où doivent prendre les filets des mors; d'abord, au moyen d'une

forte pression, on obtient des raies qui partent du filet du plat qui est du côté du mors et vont rejoindre obliquement ceux des bouts et du devant; on retire de presse, et en changeant les ais de côté on obtient, par une seconde pression, un petit quadrillé assez joli et correct. Cette méthode, bien que très agréable, passera comme passent toutes les modes. »

Mais, avant de passer, la gaufrure eut son heure de triomphe. Que disons-nous, une heure ! Elle eut quinze années de règne.

D'abord timide et bornée à un petit piqueté ou quadrillé modeste, — quadrillé qui constitue les « gaufres » de Courteval, — elle s'enhardit, passe du veau au maroqéin, des ais à la roulette. Son succès va grandissant, elle aborde le motif d'angles, d'encadrement, et la petite plaque de milieu. Nous en avons vu des exemples plus haut. Le pi^océdé est facile et rapide : comment résister à la tentation d'en user? C'est si vite meublé, le milieu d'un plat, avec l'application de l'inévitable losange ou de l'inévitable rosace en cadran d'horloge! Donc la gaufrure cesse

ANACRKON 1825

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d'être un simple accompagnement et devient le motif principal, même le seul; la grande plaque gaufrée vient couvrir tout le plat du livre....

Et, voilà comment ressuscite le vieux- neuf et comment les plaques à froid (c'est-à-dire poussées à chaud, mais sans or), qui firent jadis les beaux jours de la reliure dite monastique, vont avoir encore une période de prospérité au commencement du xix" siècle !

Et, bien que ce soient des plaques, on ne doit pas considérer les reliures qui les portent comme des reliures commerciales, faites à la grosse. Ce sont bien des reliures de luxe, d'une exécution matérielle soignée, et signées le plus souvent par les premiers relieurs du temps.

Montrons quelques exemples caractérisés :

[27] Simier. Œuvres de Schiller, Ladvocat, 1821, 6 vol. in -8. Maroquin citron; avec éventails d'angles gaufrés (l'éventail d'angle est un motif de décor qui, dans la reliure, se poursuit à travers les siècles). Au milieu,

frappées en or, les armes de la duchesse de Berry.

Saluons au passage la duchesse de Berry, la dernière des femmes bibliophiles ! Non point qu'elle fût une bibliophile active, une chasseresse du livre, ou une collectionneuse ! Elle faisait, ou se laissait faire, comme il convient, une bibliothèque non de raretés, mais de « bons livres dans tous les genres » reliés à ses armes ou à son chiffre. On n'a jamais exigé davantage des princesses bibliophiles. Quand on vendit ses livres , le 20 février 1837 (bibliothèque du château de Rosny), Nodier prononça ce jugement : « Madame la duchesse de Berry était peu exclusive dans ses acquisitions; elle souscrivait à tout, elle achetait tout et par conséquent elle achetait trop, et beaucoup trop. Son ardeur pour les moindres broutilles de la presse avait quelque chose d'édifiant, et il faut convenir que la presse, d'ailleurs infaillible, l'en a bien mal récompensée ! Quoi qu'il en soit, une multitude d'auteurs dont on n'a jamais entendu parler lui auront l'obligation d'avoir vu leur ouvrage se vendre, une fois, au prix du libraire, ou peu

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ALBUM DE VUES DE NAPLES.(l825 ?)

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