RELIURE DE LEFEBVRE
poser et les appliquer à tort et à travers, et pour mettre, par exemple, sur la Manon Lescaut de Bleuet une petite frise courante où flgureront des aigles, des serpents et des lapins! C'est la dégénérescence d'une manière déjà peu estimable par elle-même. Et nous retrouverons la frise lapin-serpent-aigle-chèvre, etc., dans la Réserve de la Bibliothèque Nationale, sur un Code Napoléon, relié aux armes impériales par Doll!
Notez, d'ailleurs, que ces reliures à décor Empire très et même trop caractérisé sont rares. La Bibliothèque Nationale ne possède guère qu'un modèle d'encadrement en frise, ayant pour sujet principal un dieu antique en forme de gaine, adoré de chaque côté par des amours ailés dont les corps se terminent en rinceaux. (Ce décor se trouve dans la Réserve sur trois ou quatre volumes anciens, reliés à nouveau sous l'Empire : le Nicolas de Lyra de 1460, la Summula Antonini, etc.)
Mais, puisque nous sommes dans la Réserve de la Bibliothèque Nationale, nous y trouverons
un spécimen d'aspect plus noble, et vraiment digne d'intérêt :
[4] Code de Napoléon le Grand, petit in-fol., relié par Lefebvre aux armes impériales ; le dos est à semis d'abeilles ; sur les plats, large bordure formée de deux guirlandes entrelacées. Cet encadrement vise à l'effet et l'atteint tout aussi bien que l'atteignait jadis l'encadrement royal à la Lebrun.
Sur d'autres volumes, le motif d'encadrement sera deux chimères se faisant face.
Dans le matériel de Purgold est un encadrement où des vases antiques alternent avec des têtes de sphynx. (0 expédition d'Egypte et maison de la rue du Caire à Paris !)
N'oublions point aussi le relieur qui ne sait pas dessiner. Il faut voir, par exemple, Bradel aux prises avec une Danse des Morts, échafaudant péniblement une mosaïque prétentieuse en portique de temple à fronton, qui encadre un autel funèbre avec une colonne portant une