Bibliothèque de Lacroix-Laval
Le nouveau archaïque.
Ici, un intermède : nouvelle rentrée du genre archaïque.
Nous avons déjà fait connaissance avec le nouveau archaïque ; non pas la copie pure et simple, mais le nouveau « s'inspirant » de l'ancien. Nous l'avons vu venir soit hors de propos, alors que les relieurs de la Restauration couvraient de plaques gothiques les œuvres de Molière (anachronisme digne d'une opérette d'Hervé), soit très à propos — à condition de n'en pas abuser — avec des cuirs incisés pour
certains livres tels que Notre-Dame, le Juif- Errant, Faust, les Contes drolatiques, etc.
Le voici encore, et bien à point.
Vers 1885, il fui fort question de renouveler l'aspect du livre, de la page imprimée, par l'introduction du coloriage, de la polychromie de l'illustration, obtenue désormais non plus à la main, mais par la chromotypographie.
L'imprimeur Lahure donna ainsi un fin volume, le Conte de l'Archer, dessins de Poirson.
En même temps Launette et Gillot, avec une vigueur méritoire, mettaient sur pied un livre d'une richesse d'illustration exceptionnelle : l'Histoire des quatre fils Aymon. Pour les dessins ils trouvèrent juste l'homme qu'il fallait, Eugène Gi'asset : artiste très particulier, qu'on doit prendre comme il est, non point spontané, ou moderne, ou même français, mais documenté, archaïque, puisant laborieusement à des traditions diverses. Il déversa dans ce livre une considérable érudition; combinant dans une illustration en forme d'enluminure de manuscrit et d'album japonais des ingrédients divers, les uns du Nord, les autres anglo-germains, avec une