‹ La reliure du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 52 sur 103 · IV · texte numérisé non relu

IV

composées, qu'on appelle une tranche de vie. Sur cette reliure, la composition, non ordonnée, ne commence ni ne finit, enjambe sur le dos, se coupe sur les bords, et représente le sujet tout sec : c'est une photographie, sans modification, de ce qu'on trouve devant soi, pris au hasard; c'est une tranche de nature. Telle est la donnée : à l'antipode du décor normal de la reliure, mais toute proche des affiches crûment ensoleillées qui, dans les gares et les agences de voyages, nous invitent à fuir le pluvieux Paris d'hiver pour aller chercher la lumière du Midi. Et c'est précisément là le point curieux de cette reliure : elle est un extrême; elle est la conclusion excessive, mais logique, du décor non symétrique, de la recherche de l'emblème'.

L'entrée de ces mosaïques aguichantes et paradoxales dont le musée des Arts décoratifs stupéfia les relieurs-doreurs : la « reliure aux cactus », surtout, devint pour eux le dernier terme de l'horreur, du contre-nature, de l'abomination,

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