DECORA FILETS PAR TRAUTZ
Vostre, actuellement dans la bibliothèque du comte de Sauvage. Le monde trautzolâtre en est électrisé jusqu'aux moelles. . . .
Vous souriez, en pensant à tout ce bruit — souvent intéressé — mené autour de quelques mosaïques, généralement copiées, et vous rappelant la prodigieuse production des artistes du xvie! Soit. Mais l'exécution des mosaïques de Trautz était admirable. Puis, il y a un commencement à tout, et nous ne sommes qu'au point de départ. Bientôt le mouvement va s'accentuer : pour des bibliophiles de plus en plus amoureux de reliure nouvelle, Cuzin, en quatorze ans, exécutera trente-cinq mosaïques environ; joignez à cela la production des autres ateliers. Lortic, Marius Michel, etc.
Et vingt ans plus tard, la proportion des reliures mosaïques, qui en 1860 n'était pas d'une sur mille, aura centuplé ; on mosaïquera pour ainsi dire à tout coup, — comme dans le grand temps, comme au xvie.
Parmi les mosaïques à répétition exécutées pour les bibliophiles de 1875, citons encore celle de Thibaron-Joly sur les Simulachres de la Mort,
Lyon, 1558, — et celle de Cuzin sur la Satyre Mènippée de 1593. Les deux, pour la bibliothèque Paillet.
[114] Et encore celle-ci, de Marius Michel fils, sur un Livre d'Heures d'Elisabeth Senault*.
Nous ne parlons que des mosaïques à décor relativement original.
En fait de mosaïques de Trautz, il y en eut d'étrangement singulières, et nouvelles, et imprévues.
Nous avons dit que Trautz avait pour client le fameux Hankey, qui avait eu l'originalité très particulière d'apporter dans l'érotomanie la correction, le stiff anglais, et, chose très rare, de conserver dans la recherche du livre et de la vignette libres un véritable goût de bibliophile. Sa bibliothèque n'était qu'un « enfer » , mais de distinction. C'est lui qui possédait le La Popelinière avec gouaches de Caresme, le Diable