INTRODUCTION XIX
On a vu le cardinal Manning et, après lui, le cardinal Vaughan, appelés à siéger, à côté des prélats anglicans, dans les cérémonies publiques ou dans les comités des grandes œuvres philanthropiques et moralisatrices1. L'étiquette paraît même disposée à reconnaître la préséance due au titre de cardinal. Le bruit ne courait-il pas, Tan dernier, que le cardinaj Vaughan allait être nommé pair, bruit mal fondé, mais jugé assez vraisemblable pour provoquer, dans les coteries protestantes, des réclamations dont l'opinion, du reste, ne parut pas s'inquiéter? C'est plus qu'une importance officielle, c'est une véritable popularité qu'ont acquise certains grands catholiques anglais. On en put juger à la mort de Newman et de Manning : leurs obsèques eurent le caractère d'une manifestation nationale. Les portraits des deux illustres convertis ont été mis en place d'honneur dans les collèges d'Oriel et de Balliol, à Oxford, et la statue du premier d'entr'eux s'élève, à Londres, sur le terreplein de l'église de l'Oratoire.
En 1897, les Anglais fêtaient, on sait avec quel retentissement, le Jubilé de la reine, et c'était l'occasion pour eux de repasser les événements accomplis pendant « l'ère victorienne », de se féliciter des résultats obtenus, de s'enorgueillir des progrès réalisés. On conçoit que les catholiques anglais n'aient pas été les derniers à s'associer à ce patriotique TeDeum, et que leur porte-
1 Lors du récent synode des évoques anglicans, l'archevêque de Ganterbury, ayant donné un garden party dans son palais de Lambeth, y a invité le cardinal Vaughan, qui s'y est rendu.