XXX INTRODUCTION
nité du 5 novembre, commémoration du complot papiste de Guy Favvkes, était l'objet d'une dévotion dont le temps n'avait pas éteint l'ardeur : alors, avec un mélange de libations et de prêches également patriotiques, on exaltait la victoire du protestantisme anglais sur le catholicisme espagnol ou français, non comme le souvenir d'un passé lointain, mais comme un fait d'hier qui pouvait se reproduire demain, et aux prières officielles du temple répondaient les clameurs de la foule, qui promenait par les rues et finissait par brûler un mannequin figurant le Pape. Ce n'était, du reste, pas seulement pour le populaire que l'évêque de Rome était « l'homme du péché », le « faux prophète », F « Antéchrist » ; Newman a raconté combien il lui a fallu de temps pour se défaire de cette croyance1. Vainement l'anglicanisme, à la différence de la plupart des communions protestantes, conservait-il le décor extérieur d'un épiscopat ; il n'en avait pas moins perdu la notion catholique de l'Eglise, société divine, fondée par le Christ, gouvernée par une hiérarchie qui remontait jusqu'à Lui, distincte et indépendante de tous les gouvernements, ayant par elle-même sa vie propre, le droit de se régir et de fixer sa doctrine ; l'Eglise éta-
1 M. Bellasis, converti au catholicisme en 1851, raconte que, chez ses parents, pieux et honnêtes anglicans, on avait eu, jusqu'en 1849. la coutume de réciter, chaque jour, la prière suivante : « Confonds partout, nous t'en supplions, Seigneur, l'hérésie et l'erreur, déjoue les machinations du papisme, soit au dedans, soit au dehors de l'Eglise. Que toutes les inventions de l'évêque de Rome contre la vérité sacrée soient confondues. Seigneur, puisse le papisme subir bientôt sa défaite finale, et puisse Babylone, depuis longtemps condamnée, cesser d'opprimer lu terre. » [Memorials u/' M. Serjeànt Bellasis, p. 22.)