INTRODUCTION XXIX
de suite en lutte, l'élément protestant a toujours fini par l'emporter, et, sauf quelques oscillations passagères, cette Eglise s'est sans cesse éloignée davantage non seulement du Pape, avec lequel elle avait rompu dès le premier jour, mais des idées et des formes catholiques qu'elle avait paru soucieuse de garder au début.
Considérons-la, en effet, telle qu'elle se montrait, vers 1820 ou 1830, au terme de cette descente continue vers le protestantisme. Elle semblait beaucoup plus occupée démarquer en quoi elle se séparait du catholicisme que de chercher par où elle pourrait encore s'en rapprocher. Sur le dogme fondamental de l'Eucharistie, son ardeur à condamner la transsubstantiation de la théologie romaine lui avait fait perdre toule notion de la présence réelle objective du corps et du sang du Christ dans les espèces consacrées. Le culte de la Vierge, l'intercession des saints, le purgatoire, les prières pour les morts, la confession et le pouvoir sacerdotal d'absoudre étaient répudiés, et on n'eût pu proposer d'y revenir sans faire scandale. Plus rien, en fait, des jeûnes ou abstinences prescrits par l'ancienne discipline. Les vieilles dévotions étaient rejetées avec méfiance, quand elles n'étaient pas absolument oubliées et ignorées. Nulle spiritualité. En dehors du dimanche, presqu'aucune fête observée, pas même l'Ascension qui avait cependant un office spécial dans le Prayer Book. Le vendredi saint, goodfriday, n'était plus qu'un jour de congé (bank holyday), et, sauf dans quelques grandes villes, n'était sanctifié par aucun office, Seule, la solen-