XXXII INTRODUCTION
fois, ou même une seule fois par an, et souvent avec si peu de décence qu'au dire de témoins attristés une abstention complète eût été préférable. Presque toujours le service du dimanche se bornait à la récitation des psaumes, des leçons et au sermon, office dune froideur toute calviniste. Les églises étaient en harmonie avec le culte qui s'y célébrait : fermées d'ordinaire toute la semaine, d'aspect souvent très négligé ; des murs blanchis et nus; pas d'autel orné, en évidence au fond du sanctuaire, et vers lequel tout converge, mais, à la place, une simple table en bois, à peine visible, souvent en piteux état et qu'on a pu comparer à une table de cuisine ; rien dessus, ni croix, ni cierges, ni tabernacle; devant cette table, parfois la cachant, faisant face aux bancs fermés et à hauts dossiers qui remplissaient la nef et les bas-côtés, le pupitre d'où se faisaient les lectures et la chaire d'où se débitaient les sermons; on sentait que c'était devenu le principal ; on ne se trouvait plus dans une église consacrée pour le sacrifice, mais dans une salle de prêche.
Fond et forme, tout avait donc un caractère bien protestant. Eût-on demandé d'ailleurs à un anglican de cette époque, clergyman ou laïque, savant ou ignorant, s'il était protestant ou catholique, il eût cru que le questionneur voulait plaisanter. Protestant, il l'était et s'en faisait honneur. Sans doute, il croyait bien avoir un protestantisme à lui, que, comme toute marchandise anglaise, il estimait supérieur aux marchandises de même nom ayant cours sur le continent; mais ce n'était qu'une différence de qualité, non de