‹ La renaissance catholique an Angleterre au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 30 sur 69 · INTRODUCTION XXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXIII

nature. Le seul mol de catholique évoquait à ses yeux un ensemble de superstitions, dont c'était précisément la gloire de ses pères de s'être dégagés, trois siècles auparavant, et avec lesquelles il ne supposait pas pouvoir jamais avoir rien de commun.

C'est au moment où le protestantisme semblait avoir ainsi définitivement triomphé dans l'Eglise établie, que s'y produisit, vers 1830, plus exactement en 1833, comme une saute de vent qui fit remonter tout d'un coup le courant vers le catholicisme. Et bientôt on vit, non certes tous les anglicans, mais une partie d'entre eux, s'appliquer à retrouver, l'un après l'autre, presque tous les dogmes, presque toutes les pratiques dont leurs pères avaient mis, pendant trois siècles, tant de persévérance à se dépouiller. Manning constatait, en 1866, combien un tel mouvement était « contraire au vent et à la marée des traditions et des préjugés » de son pays. « La polarité de l'Angleterre a été changée, disait-il; les ruisseaux qui coulaient du côté du nord coulent maintenant du côté du midi*. »

Ce revirement a-t-il donc été déterminé et secondé par des circonstances extérieures, était-il conforme aux tendances régnantes, favorisé par les puissances du jour? On ne peut dire que, dans l'Angleterre de Stuart Mill, de Carlyle,de Darwin, d'Herbert Spencer,

1 England and Chrislendom, Introduction et Letler on t/ie réunion of Christendona

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