XXXVIII INTRODUCTION
dont la prière des vivants peut obtenir le soulagement; aussi prier pour les défunts est-ii devenu d'usage courant et voit-on souvent annoncer des messes de Requiem. On admet de même l'invocation des saints et le culte de la Vierge. Bien que gêné par l'origine historique et l'organisation politique de l'Eglise établie, on s'efforce de la dégager, en fait, de sa dépendance envers l'Etat, et de rétablir, en théorie, la notion, naguère tout à fait oubliée, de l'Eglise société divine, ayant sa vie propre et son autonomie; on se réclame de la succession apostolique, considérée comme la source et la condition du pouvoir épiscopal et sacerdotal. Le principe, naguère obscurci, de la régénération baptismale est nettement affirmé. Pour le sacrement de pénitence, s'est opérée une révolution encore plus inattendue : des anglicans sont revenus à la confession auriculaire, si longtemps décriée ; ils y procèdent suivant les formes catholiques : le pénitent à genoux devant un crucifix ou une croix ; à côté de lui, le ministre assis, revêtu du surplis et de l'étole, et prononçant la formule de l'absolution. D'abord timidement essayé et non sans provoquer une sorte de scandale, cette pratique se répand chaque jour davantage, et maintenant, il n'est pas rare, à la veille des fêtes, de voir certains cleryymen passer la nuit entière à entendre les confessions. L'extrême-onction est toujours en désuétude, mais on commence à en demander le rétablissement *. En somme, à lire certains des caté-
1 Un journal de la haute Eglise, le Church Times, annonçait avec satisfaction, le 20 mai 1898, que l'évêque anglican de Chicago venait de rétablir, dans son diocèse, l'usage de l'onction pour les malades.