INTRODUCTION LI
des âmes qui s'en rapprochaient ! Comment donc un mouvement qui est, après tout, un retour partiel à la vérité et dont le cardinal Vaughan se félicitait comme d'une « demi-conversion* », viendrait-il du démon? D'ailleurs, ne juge-t-on pas de l'arbre à ses fruits? Or ce mouvement a eu pour conséquence manifeste de ranimer la vie religieuse éteinte; il en est résulté, dans plusieurs âmes, un épanouissement de piété, de zèle, d'amour de Dieu, de vertus de toutes sortes que bien des pays catholiques de nom pourraient envier à l'Angleterre protestante et où le cardinal Manning et le cardinal Vaughan n'ont pas hésité à saluer Faction de la grâce divine. Enfin, à ceux qui sont surtout frappés du retard de certaines conversions, ne suffit-il pas de rappeler que presque tous les convertis de ce siècle, en Angleterre, sont venus du High Church, ou tout au moins l'ont traversé ; que c'est cette école qui les a amenés à la porte du catholicisme et qui a jeté comme un pont entre deux sociétés religieuses jusqu'alors séparées par un abîme2? Nous dira-t-on quel intérêt Satan aurait eu à la construction de ce pont?
Tous, sans doute, ne l'ont pas franchi. Parmi ceuxlà même qui s'étaient le plus approchés, beaucoup se sont obstinés à rester sur l'autre bord ; et ce n'étaient pas seulement ceux dont on pouvait attribuer l'arrêt à quelque faute personnelle; c'étaient des hommes de vraie piété, de haute vertu, de grande culture : tels un
1 Lettre pastorale à l'occasion du Jubilé de la reine.
2 Un journal protestant d'Angleterre qualifiait récemment le High Church de half-way house tu Rome.