‹ La renaissance catholique an Angleterre au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 49 sur 69 · LU INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LU INTRODUCTION

Pusey, un Keble ou un Church qui, après avoir suivi leur saint et illustre ami Newman jusqu'au seuil de l'Eglise romaine, n'ont pas été un seul moment tentés d'y entrer avec lui. A regarder les choses au point de vue providentiel, on a quelque peine à expliquer ce fait. Rien qui permette de douter de la bonne foi de ces hommes, de la pureté de leurs motifs, de la droiture avec laquelle ils cherchaient la vérité. Que leur a-t-il donc manqué pour franchir la distance si faible qui le« séparait du terme? Comment Dieu n'a-t-il pas accordé à des âmes si méritantes, le peu qui leur était encore nécessaire de grâce et de lumière, d'autant qu'à raison de leur renom, leur exemple rassurait beaucoup de consciences qui eussent été sans cela troublées de se sentir dans l'erreur? Je n'ai certes pas la prétention de pénétrer le mystère dont s'enveloppe la distribution de la grâce : « L'Esprit souille où il veut. » Toutefois, ne suffît-il pas de se demander ce qui fût arrivé si Pusey avait suivi Newman, pour discerner une face d'abord inaperçue de la question? Evidemment, sa conversion en eût entraîné, sur le moment, plusieurs autres ; presque tous les champions du « Mouvement d'Oxford» fussent venus à l'Eglise romaine. Mais ce mouvement aurait ainsi trouvé sa fin, en même temps que sa conclusion. 11 ne serait plus resté personne, dans le sein de l'Eglise établie, pour y opérer l'étonnante transformation qui, depuis lors, sous l'action de Pusey et de ses disciples, l'a tant rapprochée du catholicisme ; au contraire, cette défection eût à tout jamais discrédité, aux yeux des an-

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