‹ La renaissance catholique an Angleterre au XIXe siècleChapitre 21 sur 38 · PUSEY ET L EVEQUE WILHERFORCE · texte numérisé non relu

PUSEY ET L EVEQUE WILHERFORCE

le clerg'é inférieur, plusieurs étaient inquiets et mécontents, sans s'accorder sur l'attitude à prendre, sur les démonstrations à faire. « Quot honiines lot sententiien, observait mélancoliquement Pusey qui renonça à solliciter des adhésions à la protestation, f.es dix-huit signataires proclamaient d'ailleurs, en réponse à certains bruits, leur volonté de demeurer dans l'Église anglicane ; en protestant, disaient-ils, ils avaient entendu seulement libérer leur conscience ; ils n'estimaient pas qu'une décision de l'archevêque modifiât la doctrine de rh]glise et s'imposât à leur foi; seule, une parole émanée de l'Eglise entière eût pu le faire ; ils se déclaraient donc résolus à continuer à enseigner ce qu'ils avaient toujours enseigné, quelles que dussent en être pour eux les conséquences. Conformément à cette déclaration, Pusey et Keble publiaient des traités, l'un sur la Présence réelle, l'autre sur V Adoration eucliaristique. Cependant Denison épuisait tous les moyens de recours que lui offrait la complication des juridictions anglaises. 11 parvint ainsi à obtenir, en 1857 et en 1858, des décisions de la Cour des Arches et du Comité judiciaire du Conseil privé qui, sans se prononcer sur le fond, annulèrent pour vice de orocédure la condamnation prononcée contre lui. il échappait ainsi personnellement aux pénalités dont il avait été frappé; mais le scandale résultant de l'atteinte portée par le primat à l'intégrité du dogme eucharistique, n'était pas efiacé ' .

' Sur l'atlaire Denison, vo\-ez Life of Pusey, i. III, p. 426 à 448. Life of Wilberforce, t. II, p^ 234 à 240 et 320 à 329. Soles of my Life, par Arclid. Denison, p. 222 à 267.

258 LA RENAISSANCE rATlIOLIQUE EX ANGLETERRE

L'affaire Denison n'était pas encore complètement terminée, qu'éclatait, sur un autre point, un conflit semblable. Le Rev. Forbes, l'un des amis et disciples les plus iidèles de Pusey, un moment vicar de son église San Saviour's à Leeds, avait été nommé évèque de Brechin, en Ecosse. Sous l'impression des récentes controverses, il jup^ea à propos de traiter, dans son premier mandement, en août 1857, de la doctrine eucharistique; il insista, entre autres, sur deux points : d'abord, sur ce que ie sacrifice eucharistique est substantiellement le même que celui de la croix; ensuite, comme Denison, sur ce qu'<< une suprême adoration est due au corps et au sang du Christ, mystérieusement présents » dans les espèces consacrées. Les autres évèques de l'Église épiscopalienne d'F.cosse s'émurent de ce mandement. Dès la fin de 1857, trois d'entre eux, dont le primat, protestèrent publiquement, et, en 1858, tous signèrent une lettre pastorale où ils blâmaient le mandement de l'évèque de Brechin ; ils notaient particulièrement, comme antiscripturaire et mal sonnant, ce qu'il avait dit du sacrifice et de l'adoration.

Aussitôt qu'ils avaient su leur ami Forbes menacé, Pusey et Keble étaient accourus à son secours. Keble, notamment, s'était jeté en pleine bataille, se solidarisant avec l'évèque attaqué et publiant tout un ouvrage sur la question débattue. Des laïques considérables, comme lord Coleridge et M. Gladstone, essayèrent d'intervenir en pacificateurs. Piien n'y faisait. Les esprits s'échauffaient de plus en plus. Certains ecclésiastiques qui avaient adhéré aux doctrines de l'évèque

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