PUSEY ET L'ÊVEQUE WILBERFORCE
le clergé inférieur, plusieurs étaient inquiets et mécontents, sans s'accorder sur l'attitude à prendre, sur les démonstrations à faire. « Quot homines tôt senientisen, observait mélancoliquement Pusey qui renonça à solliciter des adhésions à la protestation. Les dix-huit signataires proclamaient d'ailleurs, en réponse à certains bruits, leur volonté de demeurer dans l'Église anglicane ; en protestant, disaient-ils, ils avaient entendu seulement libérer leur conscience; ils n'estimaient pas qu'une décision de l'archevêque modifiât la doctrine de l'Église et s'imposât à leur foi; seule, une parole émanée de l'Eglise entière eût pu le faire ; ils se déclaraient donc résolus à continuer à enseigner ce qu'ils avaient toujours enseigné, quelles que dussent en être pour eux les conséquences. Conformément à cette déclaration, Pusey et Keble publiaient des traités, l'un sur la Présence réelle^ l'autre sur l'Adoration eucharistique. Cependant Denison épuisait tous les moyens de recours que lui offrait la complication des juridictions anglaises. Il parvint ainsi à obtenir, en 1857 et en 1858, des décisions de la Cour des Arches et du Comité judiciaire du Conseil privé qui, sans se prononcer sur le fond, annulèrent pour vice de procédure la condamnation prononcée contre lui. 11 échappait ainsi personnellement aux pénalités dont il avait été frappé ; mais le scandale résultant de l'atteinte portée par le primat à l'intégrité du dogme eucharistique, n'était pas effacé * .
• Sur l'affaire Denison, voyez Life of Pusey, t. III, p. 426 à 448. Life of Wilberforce, t. Il, p. 234 à 240 et 320 à 329. Notes of my Life, par Archd. Denison, p. 222 à 267.