‹ La Renaissance Catholique en Angleterre au XIXe siècle (volume 5)Chapitre 17 sur 33 · PUSEY ET LEVEQUE WILBERFORCE · texte numérisé non relu

PUSEY ET LEVEQUE WILBERFORCE

deBrechin,étaientrobjetde poursuites spéciales. Pusey, alors malade, voyait avec alarme la tempête grossir, et tout lui paraissait à craindre. Les évêques, en effet, ne s'en tinrent pas à leur lettre pastorale ; s'instituant juges de leur collègue, ils le citèrent devant eux. Pusey redoutait qu'il ne prétendissent le déposer, et recommandait à Forbes de ne pas se soumettre à une mesure de ce genre. « Aucun évêque orthodoxe, disait-il, n'eût abandonné son siège, parce qu'un arien l'aurait déposé. » Le synode se réunit en mars 1856. Les pourparlers des derniers jours avaient détourné les évêques de pousser les choses à l'extrême. A l'unanimité, ils jugèrent que, sur l'identité du sacrifice de la croix et du sacrifice eucharistique, ainsi que sur l'adoration due au corps et au sang du Christ présents dans les espèces, « l'enseignement du répondant n'était pas sanctionné par les Articles et les formulaires de l'Eglise et était, dans une certaine mesure, inconciliable avec eux ». Seulement, « eu égard aux explications et modifications » qu'ils prétendaient avoir été proposées par le répondant, et aussi à ce fait que celui-ci « demandait seulement tolérance pour ses opinions », qu'il « ne revendiquait par pour elles l'autorité de l'Eglise et ne prétendait pas à les imposer à ceux qui étaient sous sa juridiction», les évêques consentirent à « limiter leur sentence à une déclaration de censure et d'admonition ». Ils « admonestaient donc solennellement l'évêque de Brçchin de mieux veiller, dans l'avenir, à ne pas donner matière au trouble et aux plaintes suscités par son premier mandement ».

Pour avoir épargné Forbes, dans une certaine mesure, cette sentence n'en blessa pas moins douloureusement ses amis. Pusey se plaignit que les juges, pour motiver leur indulgence relative, eussent dénaturé les explications de l'accusé et lui eussent attribué une sorte de désaveu qu'il n'avait pas fait. Et puis, au-dessus de la question de personne, était la question, plus grave encore, de doctrine. En présence de ce jugement, succédant de si près à la décision de l'archevêque de Canterbury dans le procès Denison, impossible de se dissimuler que les autorités de l'Eglise étaient alors opposées, sur une question capitale, à ce que Pusey regardait comme la vraie doctrine catholique ^

1 Sur toute cette affaire Forbes, voyez Life of Puseij, t. III, p. 448 à 459, et Life of Keble, par Lock, p. 164 à 168.

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