‹ La renaissance catholique en Angleterre au XIXe siècleChapitre 12 sur 60 · INTRODUCTION XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XV

demeurés étrangers à la vie publique et privée de leurs compatriotes, d'avoir subi une proscription sociale plus sensible encore que la légale, ils s'étaient habitués à une situation de parias ; on eût dit une autre race, sans mélange ni relations avec Tautre, résignée à son infériorité, et en ayant gardé je ne sais quoi de déprimé, ainsi qu'il arrive aux peuples depuis longtemps vaincus et dominés. Quelques-uns de ces catholiques en devenaient comme embarrassés et presque honteux de leur foi ; ils cherchaient à la dissimuler à leurs voisins ou à se la faire pardonner, en la 9nmtmûan<, notamment en affichant à Tégard du Pape une indépendance qui frisait la révolte. Chez beaucoup d*autres, il est vrai, répreuTO et l'isolement n'avaient fait que rendre cette foi plus profonde et plus résistante; loin de vouloir rentrer en grâce auprès de la société qui les excluait, ils s'en détournaient avec méfiance et ressentiment ; mais, chez eux, aucune pensée de revanche et d'oiïensive ; obstinés, nullement entreprenants, plus préparés à souffrir qu'à engager le combat, ils ne songeaient pas un seul moment qu'il pût être question pour Rome de reprendre possession du royaume d'Henri VIII et d'Elisabeth, bornaient leur ambition à sauver leur âme et à garder leur honneur, vivaient de souvenir, non d'espérance.

Tel était le catholicisme en Angleterre dans le premier quart du siècle. Aujourd'hui, quel changement ! Au lieu de 160.000 catholiques, on en compte, dans la seule Angleterre, en dehors de l'Irlande et de l'Ecosse, environ 1.500.000. En place des quatre

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