‹ La renaissance catholique en Angleterre au XIXe siècleChapitre 19 sur 60 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

excès mêmes, le puritanisme n'avait-ii pas contribué à cette réaction? Jusqu'àla Révolution, sa prétention avait été, non derenverserrEgliseépiscopale, mais des'en emparer; Fusage qu'il venait de faire de sa victoire momentanée manifestait son incompatibilité avec cette Eglise Force lui fut donc de s'en séparer ouvertement et de créer, en dehors d'elle, une Eglise rivale : ce fut le commencement des dissidents ou non-conformistes. Cet exode ne laissait pas Tautre école maîtresse de Tanglicanisme; le virus protestant y avait pénétré trop profondément. A côté des puritains résolus qui rompaient avec TEglise établie, beaucoup d'autres, plus timides, y demeuraient, avec leurs préventions, et opposaient une résistance passive, mais puissante, aux disciples d'Andrews et de Laud. D'ailleurs, Tétrange régime auquel étaient soumises les consciences depuis plus d'un siècle, le spectacle de cette Eglise tant de fois transformée au seul gré des caprices royaux ou des passions populaires, ces Credo contradictoires imposés, les uns après les autres, à un clergé servile, par les gouvernements successifs, n'était-ce pas assez pour désorienter les consciences et enseigner une sorte d'indifférence dogmatique ? Ainsi voyait-on poindre un état d'espritqui allait bientôt dominer dans l'Eglise établie, le latitudinarisme, non moins réfractaire que le puritanisme à renouer la tradition catholique. Ajoutons que, cette fois, encore, l'alliance avec les Stuarts fut funeste aux partisans de cette tradition. Vainement ceux-ci avaient-ils fait, sur certains points, opposition à Jacques II, ils se trouvèrent forcément,

Page 1