‹ La renaissance catholique en Angleterre au XIXe siècleChapitre 2 sur 60 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Au cours de 1895 et dans les premiers mois de 1896, rattention des catholiques français se trouva subitement appelée sur des manifestations, pour eux fort inattendues, qui se produisaient outre-Manche, dans certaines parties de l'Eglise anglicane. De cette terre du bigotisme protestant où Ton était habitué à dénoncer Tidolàtrie romaine, arrivait Técho de paroles si nouvelles que plusieurs se demandaient tout émus si une grande conversion n'était pas sur le point de s'y accomplir. Un pair d'Angleterre, président d'une nombreuse et puissante association de churchmen^ lord Halifax, faisait, dans l'un des meetings de cette association \ un appel, d'une éloquente et poignante sincérité, au rétablissement de l'unité chrétienne. Aprèsavoir évoqué l'époque regrettée où il n'y avait qu'une seule Eglise, sous la primauté de Rome, il exprimait le vœu que l'Eglise d'Angleterre « filt unie de nouveau, par les liens d'une communion visible, avec le Saint-Siège » ; cette union, qu'il décla-

i Assemblée de VEnglish Church Union^ tenue à Bristol, le 14 février 1895.

n INTRODUCTION

rait a désirer de toute son âme )),illa proclamait « possible » et affirmait que « les documents autorisés de TEglise anglicane ne contenaient rien d'essentiellement inconciliable avec les doctrines de TEglise de Rome » ; il invitait ses coreligionnaires à travailler à ce rapprochement, à dépouiller l'orgueil national, les préjugés séculaires, à s'humilier sur les fautes de leur propre Eglise, et surtout à beaucoup prier, avec la conviction « que rien ne touche de plus près le cœur de Notre- Seigneur que la paix de son Eglise » ; enfin il saluait, dans Léon XIII, un esprit large, une âme généreuse, capable de comprendre cette œuvre, de la mener à bonno fin, et il lui donnait Fassurance <c qu'il pouvait compter sur une réponse sympathique à tout appel qui serait adressé à l'Eglise d'Angleterre. »

Ne devait-on pas croire que cette invitation avait été entendue du Souverain Pontife et l'avait touché, quand on le voyait, quelques semaines après, lancer sa lettre fameuse ad Anglos*? «Aux Anglais, y disait-îl, qui cherchent le royaume du Christ dans l'unité delà foi, salut et paix dans le Seigneur. » Puis, avec l'accent d'une sollicitude apostolique, d'une tendresse paternelle, où revivait l'âme du saint pontife qui, de Rome, au VI* siècle, avait voulu et dirigé la conversion de l'Angleterre, il félicitait les Anglais des marques de la grâce divine visibles dans leur nation, des efforts qu'ils avaient faits pour se rapprocher du catholicisme; il les invitait, « quelle que fût la communauté on l'institution à laquelle ils appartenaient, à poursuivre la

» 14 avril 1893.

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