INTRODUCTION XXXI
blie n'apparaissait plus que comme une création de TEtat, chargée par lui, sous sa suprématie, du département de la religion et de la morale, ayant ses évéques nommés par le prince, ses lois et même ses dogmes fixés par le Parlement, ses contestations intérieures jugées par les tribunaux civils. Rien qui ressemblât à notre clergé, avec son célibat, son idéal de renoncement, d'ascétisme, de mysticisme surnaturel, à nos prêtres, marqués et séparés du monde par le sceau sacerdotal, investis du ministère du sacrifice et de Tabsolution. Le "cîergyman eût été étonné et presque choqué qu'on le qualifiât de a prêtre » ; marié, occupé de sa famille, vivant de la vie de tout le monde, soit en scholar, soit en squire, il se regardait comme investi d'une fonction sociale qui ne lui paraissait pas d'une essence différente des autres, mais qui l'obligeait seulement à une tenue un peu plus sévère. De la messe, on avait proscrit le nom, dénaturé et mutilé la liturgie : conséquence logique d'une doctrine qui contestait le sacrifice de l'autel et la présence réelle. Pendant la célébration eucharistique, l'officiant se tenait de profil au petit côté de la table qui remplaçait l'autol, avec l'intention manifeste de ne pas imiter le prêtre catholique qui demeure au milieu, le dos tourné au public, en quelque sorte face à face avec son Dieu; quant aux assistants, ils étaient assis ou debout, presque jamais à genoux. Encore cette « célébration », qu'on appelait Administration of ihe Lords supper^ loin d'être l'acte journalier du culte, n'avait-elle plus lieu qu'à de longs intervalles, dans la plupart des églises trois ou quatre