‹ La renaissance catholique en Angleterre au XIXe siècleChapitre 42 sur 60 · INTRODUCTION LV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LV

A une condition, cependant, c'est que nous, catholiques, nous prenions garde de ne pas fournir d'aliments à ces préventions. Parmi celles-ci, il en est qui portent sur Tessence des vérités catholiques ; nous ne pouvons y avoir égard, et ce serait une piètre tactique de chercher à les désarmer, en voilant nos dogmes par des équivoques. Mais d'autres préventions s'attachent à des thèses ou à des pratiques qui, loin d'être essentielles à notre foi, souvent la dénaturent. Il dépend de nous de ne pas y fournir de prétexte. C'est ce dont on ne se préoccupe pas assez dans nos rangs. Quand quelques catholiques prennent plaisir à exagérer la portée de certains dogmes; quand ils érigent, de leur propre chef, en articles de foi, des opinions erronées ou douteuses; quand ils préconisent des dévotions tout au moins puériles, sinon suspectes; quand ils donnent le spectacle d'une crédulité ridicule; quand, affublant leur routine et leur ignorance du masque de l'orthodoxie, ils prétendent, au nom de cette dernière, limiter la légitime liberté de la critique et de la science; quand, en tout, ils semblent se donner pour tâche de diminuer dans les âmes la virilité et l'indépendance qui ne sont nullement incompatibles avec le vrai christianisme, je ne sais s'ils se flattent d'être ainsi des catholiques plus complets, mais il leur suffirait d'entendre ce qui se dit, de lire ce qui s'écrit dans le monde anglican, pour se rendre compte du contre-coup fâcheux

P. Huson, ont déclaré hautement que les catholiques devaient témoigner aux ritualistes, dans la crise qu'ils traversent actuellement, une « respectueuse sympathie i>. (Voir, dans le Tablet du 29 avril 1899, le compte rendu de cette réunion.)

LVI INTRODUCTIOIC

qu'ont, outre-Manche, des imprudences auxquelles ici nous serions parfois tentés de ne pas prêter grande attention.

Les catholiques ont donc à s*observer sur ces points. Ce sera, avec la prière, leur façon d*aider à la conversion sinon de TÂngleterre, du moins de la partie de TEglise anglicane qui est visiblement en route vers le catholicisme. Cette conversion, il serait téméraire de Tannoncer à date fixe et prochaine. En semblable matière, il faut se garder de ces impatiences, naturelles à notre vie d*un jour. Ne nous attendons pas à voir défaire, en quelques années, Toeuvre de plusieurs siècles. Je ne sais ni quand ni comment le résultat se produira, mais il me paraît certain que de grandes choses se préparent. La violence même des passions hostiles qui font explosion en ce moment ne ferait qu*afTermir ma conviction. Dieu est à Tœuvre en Angleterre : il y a déposé un ferment qui travaille dans les âmes et les institutions.

En attendant la manifestation d'un avenir qu'il serait oiseux de chercher a préciser davantage, il est du moins à notre portée d'étudier les événements qui, depuis trois quarts de siècle, ont préparé cet avenir. Le point de départ est nettement marqué : c'est cette agitation commencée en 1833, d'abord renfermée aux limites d'une Université, bientôt étendue au pays entier, qu'on a appelée le a Mouvement d'Oxford », l'un des phénomènes les plus extraordinaires et les plus considérables de l'histoire religieuse de ce temps. De là sont venus, outre-Manche, aussi bien le renouveau du catholicisme

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