INTRODUCTION LVII
que la tr^^nsf jrmation de Tanglicanisme. Les fidèles des deux confessions n'en peuvent évoquer le souvenir sans émotion; les uns et les autres s'accordent à honorer les promoteurs de cette évolution et, entre tous, la pure et noble figure qui domine toutes les autres, celle de ce Newman qu'à sa mort les catholiques ont salué comme^le « père des âmes » et Tinspirateur des conversions, tandis que les anglicans, oubliant sa défection, le proclamaient « le fondateur de la présente Eglise d'Angleterre ».
C'est donc le Mouvement d'Oxford que je veux essayer de raconter, non seulement à Tâge héroïque de ses débuts, mais dans ses suites diverses, parfois même divergentes. De cette histoire, on n'a guère connu, jusqu'ici, en France, que quelques épisodes plus marquants qui avaient frappé notre attention, bientôt après distraite. On n'y avait vu que des accidents isolés et intermittents, et Ton ne s'était pas rendu compte de l'œuvre continue de transformation qui s'accomplissait. Je voudrais montrer cette suite, cet ensemble, au moins dans les lignes principales. Je ne me dissimule pas ce qui manque à un étranger pour l'accomplissement d'une telle tâche, surtout quand il s'agit d'un état d'esprit aussi particulier, aussi diversement nuancé que celui des Anglais. J'ai tâché d'y suppléer par les informations qu'ont bien voulu me donner, à Londres, à Oxford, à Cambridge, avec une bonne grâce et une sincérité dont je les remercie, des hommes de toutes opinions et de toutes croyances, acteurs ou observateurs de cette transformation, et