La renaissance de la nationalité française en Acadie [microforme]
On sait que le Canada, grand à lui seul comme l’Europe entière bien que sa population n’atteigne pas 5 millions d’habitants, forme, depuis 1867, une confédération autonome dont la capitale est Ottawa et qui comprend sept provinces.
Chacune d'elles s’administre comme elle l'entend avec la plus entière liberté, le gouvernement fédéral n'étant compétent que pour statuer sur les affaires qui intéressent l’ensemble du pays.
La province de Québec est la seule où l’élément français soit prépondérant, mais par sa situation géographique et l'importance de sa population, elle occupe dans la confédération une place à
art.
: Sur cette partie du sol canadien qui fut le berceau de notre nationalité dans le nouveau monde, 1,500,000 de nos anciens compatriotes sont groupés en un corps de nation, et forment un bloc compact que l'Angleterre, malgré tous ses efforts, n’a jamais pu désagréger.
Ils ont conservé avec amour la langue, les mœurs, les traditions de leurs ancêtres, pratiquent avec ferveur la religion catholique, et, réfractaires aux idées réolutionnaires, sont restés des Français de l’ancien temps.
En dehors de la province de Québec, on trouve encore dans l'Amérique britannique de nombreux centres de population française, mais ils ne forment plus que des tronçons épars qu'on a souvent comparés à des sortes d'îles perdues au milieu des flots de la population anglo-saxonne.
Deux des agglomérations ainsi formées par nos anciens compatriotes, attirent particulièrement l’attention. Ce sont celles qui
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existent dans la province de Manitoba et dans les régions du nordest américain qui correspondent à notre ancienne Acadie.
Dans le Manitoba, l'union des Français avec les Indiens a donné naissance à la nation métisse, parlant exclusivement notre langue, très patriote, et d’une inébranlable fidélité à l'Eglise catholique.
On se rappelle qu’en 1882, le gouvernement fédéral au sein duquel domine l'élément anglais, ayant voulu dépouiller les métis de leurs terres, ceux-ci soutinrent contre les troupes britanniques une lutte acharnée qui se termina par leur écrasement et l'exécution de leur chef, l’héroïque Louis Riel.
En Acadie, la race française, presque entièrement anéantie par les Anglais à la fin du siècle dernier, s’est, contre toute attente, progressivement reconstituée, s'accroît avec une étonnante rapidité et prend, au point de vue politique, une importance chaque jour plus considérable.
Nous nous proposons d'étudier, après avoir succinctement rappelé son passé, la renaissance du peuple acadien.