‹ La renaissance des arts à la cour de FranceChapitre 104 sur 127 · JEHAN SCIPION · texte numérisé non relu

JEHAN SCIPION

J'ai réservé, pour le chapitre de l'Architeclure , quelques détails curieux sur la construction du château de Monceaux* et sur lès artistes qui y travaillèrent. L'article suivant se rattache à sa décoration : « A Jehan Scipion, peintre, demeurant à Paris, pour son payement d'un tableau, où quel est la figure de madame de Crussol, que la roine a retenu pour envoyer en sa maison et chasteau de Monceaux. XX livres.

Roole des parties payées, par le commandement de la Royne , des deniers prins es coffres de sa chambre — durant les mois de juillet, aoust et septembre 1558. »

JEAN œUSIN.

c Jean Cousin par son savoir et ses belles manières se rendit agréable à la cour d'Henry II , François U, Charles IX et Henry III ; il vécut longtemps et généralement estimé. » Ainsi s'exprimait, en 1750, M. Desportes, en tête de l'ouvrage du secrétaire perpétuel de l'Académie royale de peinture et de sculpture; dans un ((discours préliminaire sur l'état de la peinture et de la sculpture, en France, dans les siècles qui nous ont précédés et sur les peintres italiens ou français qui ont eu le

titre de premiers peintres de nos rois, avant Charles le Brun. »

Sur quoi s'appuie cette assertion puisée dans dix ouvrage antérieurs, répétée dans cinquante autres? Je Tai vainement cherché et j'ai apporté cependant un grand zèle à ce travail , car le monument de Famiral Chabot^ de rares tableaux et quelques verrières m'inspirent un profond respect et me causent une vive admiration. Comment le nom d'un peintre et d'un sculpteur si éminent n'est-il porté dans aucun des comptes royaux, qui sont parvenus jusqu'à nous?' Peut-on supposer que tous les seigneurs de la cour aient eu plus de goût que nos rois, en faisant travailler pour eux un homme de génie que la cour avait dédaigné? Ce serait une circonstance unique. Nous savons au contraire que tous les grands artistes furent attirés d'abord par nos rois et virent ensuite la vogue et les commandes venir à eux. Cette notice ne contiendra que l'expression du regret d'avoir vainement cherché ce grand nom dans les documents , et de ma conviction qu'un pinceau aussi habile, un ciseau aussi sûr, n'auront pas été négligés par les souverains sous les règnes desquels Jean Cousin a vécu.

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